Ressources humaines : les petites villes surprennent

Les villes de Rabat, Mohammédia et Essaouira enregistrent les meilleures performances de leurs catégories en termes de ressources humaines. Oujda et El Jadida bien cotées également.

Une forte concentration de cadres et de fonctionnaires font bénéficier la ville de Rabat de des meilleures compétences  du pays. En outre, la ville possède le meilleur taux d’alphabétisation du royaume (81% contre 74% pour les autres villes de la catégorie) et un taux de réussite au baccalauréat supérieur à la moyenne (47,6% pour une moyenne 45,6% pour les autres grandes villes). Enfin, près de 11% de sa population est diplômée de l’enseignement supérieur.
Oujda et Casablanca complètent le podium. En effet, Oujda affiche un taux de réussite au baccalauréat de 47,3% et un taux d’alphabétisation de 73,8% relativement bons. Par ailleurs, 10% de sa population dispose d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Casablanca, contrairement à Rabat, souffre d’un taux de réussite au baccalauréat relativement faible (43,4%). Ce taux inférieur à la moyenne des villes de la catégorie s’explique notamment par un plus grand nombre de candidats libres sur la capitale économique du pays. Toutefois, la ville possède le taux de diplômés de l’enseignement supérieur le plus élevé (15,5%) et affiche une bonne performance concernant le taux d’alphabétisation (78,6%).
L’une des surprises de ce classement est l’occupation par la ville de Fès de la dernière position, et ce en dépit de l’importance de son tissu industriel. En effet, cette ville se présente comme l’une des moins «qualifiées» du Royaume, les plus «instruits» se déplaçant vers d’autres grandes villes comme Casablanca, Rabat ou Tanger. De plus, elle affiche, avec moins de 69%, un des taux d’alphabétisation les plus faibles au Maroc. Enfin, elle dispose d’une proportion de diplômés de l’enseignement supérieur très faible (5,4% de la population contre une moyenne de 9,7% pour les autres villes de la catégorie).
La ville de Marrakech occupe, quant à elle, la 7e place du classement, pénalisée par la faiblesse du taux de sa population diplômée de l’enseignement supérieur inférieur à la moyenne constatée pour les autres villes de la catégorie (7,5%), et ses performances moyennes en termes de taux d’alphabétisation et de taux de réussite au baccalauréat (respectivement 70% et 45,7%).

11,5% de la population de Mohammédia constitués de diplômés de l’enseignement supérieur

Dans la catégorie des villes moyennes, Mohammedia écrase la concurrence avec une note proche des grandes villes. La ville affiche l’un des taux d’analphabétisme les moins élevés de sa catégorie (23,2%), grâce à sa proximité avec Rabat et Casablanca qui attirent une main-d’œuvre relativement qualifiée. Par ailleurs, Mohammédia connaît un taux de diplômés de l’enseignement supérieur élevé bénéficiant des pôles universitaires et des Ecoles Supérieures de l’axe Rabat-Mohammedia-Casablanca.
Par conséquent, la ville affiche une des meilleures performances au niveau national quant à la proportion de sa population diplômée de l’enseignement supérieur (11,5%, lui permettant de dépasser la ville de Rabat et d’occuper la 5e position au niveau national quant à cet indicateur).
Notons que la ville de Khémisset se place en seconde position grâce notamment à son taux de réussite au baccalauréat (47,6%) supérieur à la moyenne. Elle affiche toutefois un taux d’analphabétisme supérieur à la moyenne des villes de la catégorie (30,9% contre une moyenne de 28,6%), et moins de 9% de sa population est diplômée de l’enseignement supérieur, ce qui la place à la 23e position du classement national concernant cet indicateur.
La ville d’El Jadida occupe la 3e place en affichant un taux de diplômés de l’enseignement supérieur de 14,5% (ce qui la place en seconde position du classement national pour ce critère après la ville de Casablanca) et un taux d’analphabétisme particulièrement faible (moins de 22%). Elle est néanmoins pénalisée par un faible taux de réussite au baccalauréat (41,4%).
La ville de Nador crée la surprise en se plaçant en 4e position du classement des ressources humaines grâce à sa performance concernant le taux de réussite au baccalauréat (47,6% au même titre que Khémisset, Rabat-Salé ou encore Oujda).
Dans le bas du classement des villes de taille moyenne, on retrouve une nouvelle fois Guelmim qui affiche le plus faible taux d’alphabétisation de sa catégorie avec moins de 67%, un faible taux de réussite au baccalauréat (40,7%) et une très faible proportion de diplômés de l’enseignement supérieur avec seulement 6,3% (dernière ville de la catégorie, la moyenne pour les villes moyennes sur cet indicateur étant de 9,1% et la moyenne nationale de 8,4%).
Avant-dernière, Safi se retrouve handicapée par un taux très faible de diplômés de l’enseignement supérieur (seulement 7,4%), un taux d’analphabétisme supérieur à la moyenne de la catégorie (29,3%) et un taux de réussite au baccalauréat relativement faible (41,4% contre une moyenne de 42,3% pour les villes de la catégorie).

Un taux d’analphabétisme de 21,2% seulement à Errachidia

Errachidia arrive en pole position des petites villes. Cette ville enregistre le taux d’analphabétisme le plus faible du Royaume avec 21,2% (une performance meilleure que celle affichée par la ville de Casablanca), un taux de réussite au baccalauréat qui approche les 50% et un taux de diplômés de l’enseignement supérieur d’environ 11% (soit une performance comparable à celle d’une ville comme Rabat).  Boujdour clôture encore une fois le classement : elle fait face à des taux d’alphabétisation et de diplômés de l’enseignement supérieur très faibles (respectivement 61% et 5%). De même, sa performance concernant le taux de réussite au baccalauréat la place parmi les plus faibles du Royaume (39,1% contre une moyenne de 44,7% pour la catégorie des petites villes).
La ville de Taourirt, dont le taux d’alphabétisation peine à atteindre 58%, affiche la plus mauvaise performance au niveau national en ce qui concerne cet indicateur ; tandis que la ville de Ouarzazate arrive 5e au classement national avec un taux d’alphabétisation qui dépasse 76%.
Par ailleurs, avec près de 12%, la ville d’Al Hoceima possède le taux de diplômés de l’enseignement supérieur le plus élevé de la catégorie, ce qui lui permet d’occuper la 3e position dans le classement national (toutes catégories confondues) concernant cet indicateur. Enfin, la ville de Ouarzazate se démarque par une excellente performance en affichant un taux de diplômés de l’enseignement supérieur de 11,6%, ce qui la place en 4e position du classement national.