Rentrée : Les enjeux prioritaires pour les patrons

C’est la rentrée de tous les espoirs. Les défis sont de taille pour les opérateurs qui appréhendent les mois à venir après la trêve estivale sur fond de contraintes et incertitudes.

Les milieux des affaires nourrissent de grands espoirs sur la prochaine rentrée. Après deux exercices de fortes turbulences suivis par une année de début de convalescence, les opérateurs économiques entrevoient la rentrée 2023 comme celle de la confirmation de la relance et la consolidation de la reprise dans plusieurs secteurs productifs. Aussi, il s’agira, selon eux, de voir le prolongement de la dynamique estivale dont les bienfaits visibles ont irrigué plusieurs compartiments de l’économie et se sont étendus à plusieurs secteurs, notamment les services marchands financiers et non financiers et le commerce.
Cela dit, les enjeux sont de taille pour les opérateurs qui appréhendent les mois à venir après la trêve estivale sur fond de contraintes et d’incertitudes qui continuent de planer sur l’économie locale et internationale.
D’après un petit tour d’horizon de quelques membres de fédérations sectorielles, les enjeux qui reviennent le plus ont trait à quatre grands blocs, en l’occurrence les carnets de commandes, les délais de paiement, le financement des besoins d’exploitation et l’investissement ( cités par ordre d’importance).

Délais de paiement, la hantise
En effet, après plusieurs mois de baisse de régime généralisée, les opérateurs économiques semblent être toujours préoccupés par le fait de sécuriser des débouchés, améliorer les ventes et décrocher des marchés pour les prestataires du public. Pour les patrons sondés, l’enjeu prioritaire de cette rentrée est de dépasser la conjoncture de ralentissement, retrouver les niveaux d’activité de 2019 et aller vers de nouveaux paliers de croissance. Force est de relever que cet enjeu revient avec acuité chez les patrons de petites structures de moins de cinq ans d’existence qui cherchent encore à s’imposer sur leurs marchés respectifs et continuent à trouver du mal à décrocher des contrats et à convaincre de nouveaux prospects. Au volet des carnets de commandes, par exemple dans l’industrie, et selon Bank Al-Maghrib, d’ici fin septembre, les industriels s’attendent à une amélioration de l’activité, avec toutefois près du tiers d’entre eux qui déclarent ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution future de la production et des ventes.
Deuxième enjeu de taille : les délais de paiement. Les opérateurs sont catégoriques à ce titre : les niveaux jamais vus pour se faire payer vont continuer à peser sur la bonne marche des affaires et asphyxier l’économie. Le défi pour cette rentrée est de veiller à faire du chiffre d’affaires sain au lieu de vouloir vendre à tout prix pour éviter les mauvais payeurs. Dans le même ordre d’idées, plusieurs opérateurs espèrent voir les textes de la loi sur les délais de paiement appliqués sur le terrain pour avoir un effet de coercition sur les retardataires.
En troisième lieu, le financement de l’exploitation et du besoin en fond de roulement figure parmi les sujets prioritaires de cette rentrée, étant donné qu’une majorité des opérateurs continue à traîner des soucis de trésorerie et se bat pour maintenir les caisses à flot sur fond de difficultés conjoncturelles liées aux deux premiers enjeux cités, notamment «la baisse des ventes» et «l’allongement des délais de paiement». A ce titre, les opérateurs sondés espèrent plus de facilités de la part des banques et la poursuite des dispositifs de soutien mis en place pour amortir l’effet de la crise sanitaire sur les finances des entreprises, notamment les petites structures (TPME). L’enjeu pour la rentrée est de trouver le financement adéquat, essentiellement des rallonges pour financer le besoin en fonds de roulement et des facilités de caisse avec le moindre coût. Traduisant ce besoin de plus en plus exprimé par les entreprises, les données de BAM font état d’une hausse des crédits de trésorerie pour les entreprises non financières privées de 11,6% à fin mai. L’enquête de conjoncture de BAM indique également que l’accès au financement a été jugé normal par 91% des entreprises industrielles et difficile par 9%, avec un coût du crédit en stagnation. Les critères auraient été assouplis pour les crédits de trésorerie, maintenus inchangés pour ceux à l’équipement et durcis pour les prêts à la promotion immobilière.
Par taille, les critères auraient été maintenus inchangés aussi bien pour les TPME que pour les GE. Pour ce qui est de la demande, elle aurait connu une baisse tant pour les TPME que pour les GE et pour tous les objets de crédit.
Enfin, une minorité d’opérateurs citent l’investissement comme un enjeu pour cette rentrée. La problématique de base sur ce registre est la volonté des patrons d’entreprises de mettre en place des décisions stratégiques liées à des projets d’extension et/ou de lancement de nouvelles activités, restées en stand-by depuis début 2020. Pour eux, l’enjeu est de dégager plus de visibilité au cours des mois à venir pour pouvoir franchir le pas !