Région d’Agadir : 21 gîtes ruraux pour se déconnecter

L’initiative revient à  l’ADS en partenariat avec l’AFD. Huit gîtes déjà  opérationnels.
Conseillé aux voyageurs en quête d’aventures.

Traditionnellement, Agadir a toujours été la première destination de tourisme balnéaire du Maroc. Cependant, si la région draine nombre de touristes et d’importants investissements dans l’hôtellerie mais aussi dans l’agriculture, l’arrière-pays reste encore en retard. C’est ainsi qu’une partie des populations attend beaucoup de l’Initiative de développement du tourisme rural dans ces régions agricoles sinistrées par une sécheresse devenue structurelle.

Le projet est piloté conjointement par l’Agence de développement sociale (ADS), l’Agence française de développement (AFD) avec le soutien de l’Union européenne, et l’association Migrations et développement.

Le gîte le plus proche est à 59 km d’Agadir, le plus éloigné à 549
L’idée est d’implanter 21 lieux de séjour adaptés aux conditions locales, avec le minimum de confort requis. Ce sont des gîtes d’étapes, qui se rapprochent davantage de l’auberge que de l’hôtel, à l’instar de ce qui existe en France.

Ces gîtes ruraux bénéficient d’une aide substantielle de la part de l’Agence française de développement qui se monte à 40% du coût global évalué à 17MDH. Le reste est à la charge des investisseurs privés ; soit les habitants de la région qui, dans certains cas, minimisent l’aide allouée. En fait, rares sont ceux qui ont réellement conscience qu’il s’agit d’une opération de stimulation du développement par des projets commerciaux et non d’un assistanat.

Des prix abordables : autour de 200 DH la nuit
Dans tous les cas, le tourisme «authentique», voire «éthique», est en plein essor. Ceux qui sont friands de la nature pourront contempler des paysages lunaires qui alternent avec des oasis nichées dans des vallées et des villages perchés sur les hauteurs. Pour certains, ce sera également une occasion de vivre une aventure humaine qui les changera, peut-être, à jamais. Ils y trouveront en tout cas largement leur compte. Auparavant, il est nécessaire d’avoir la volonté et la patience pour arriver dans ces régions.

Le gîte le plus proche est en effet à 59 km d’Agadir, le plus éloigné à 549 km. La randonnée se fait à travers pistes et chemins escarpés succédant à des bouts de bitume. L’isolement est tel que le réseau GSM est inutilisable, ce qui n’est pas forcément un handicap pour les amateurs du grand air et de réunion «off line». Les quelques touristes qui s’y sont déjà aventurés ont découvert les adresses des gîtes déjà opérationnels à travers Internet, ou encore via les agences de voyages auprès desquelles l’association Migrations et développement promeut ces destinations.

Le voyage nous a entraînés à travers le pays de l’arganier. D’abord une halte dans le gîte «In Oumar», dans la région de Tiznit, là où la végétation n’est déjà plus qu’un souvenir. Le tourisme et les plantations d’arganiers sont l’avenir de ces régions ! Du reste, les aubergistes sont sensibilisés sur le potentiel du projet, et ont mis le paquet : accueil en tenue traditionnelle, et tout le confort moderne (du congélateur, machine à laver…). La tolérance des Amazigh est notable, mais le tabac est prohibé à l’intérieur du gîte, ainsi que devant les enfants. «Il faut montrer l’exemple», expliquent les habitants. Pour la consommation d’alcool, les touristes doivent également prendre leurs dispositions.

Dans un des gîtes dans lequel nous avons atterri, les quatre chambres dotées de quatre lits à deux places chacun ont un air de dortoir. Mais «ce ne sont que des étapes pour voyageurs en transit», nous explique-t-on. Changement de décor avec le gîte de la vallée de Ammelne, près de Tafraout. Là les travaux sont encore en cours, mais l’ensemble comporte déjà des bungalows privatifs et même une piscine.

Ensuite cap sur le pays du safran, vers Taliouine. La route est toujours rocailleuse et même si le transport se fait dans des 4×4, on n’est pas épargné par les cahots incessants. Le gîte de l’Association Tagmoute pour le développement et l’entraide ressemble à un chalet. Les murs sont décorés avec du bois travaillé, et la grande salle à manger est spacieuse et peut contenir jusqu’à trente personnes, assis à même le sol, sur des coussins ou les matelas d’un salon traditionnel somptueux.

A l’extérieur, on a un sentiment de liberté, sous un ciel étoilé, par une belle nuit d’été, loin du vacarme de la ville. Les gîtes se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les habitants sont accueillants et la pauvreté ne leur a pas ravi leur fierté. En somme, pour qui cherche la quiétude, le calme et l’air pur, c’est le lieu idéal. C’est une psychothérapie à prix abordable puisque les prix sont autour de 200 DH la nuit. Conseil utile, il est nécessaire de disposer d’une automobile puisqu’il n’y a ni taxi ni car pour s’y rendre. Mais, une fois sur place, le charme des lieux fait oublier toute fatigue.