Redémarrage de l’activité : le casse-tête de la démarche et des secteurs prioritaires !

• Les plans sectoriels de reprise sont finalisés avec la contribution de la CGEM.
• Les secteurs sont touchés à différents degrés, ce qui suppose une approche différenciée des schémas de reprise et du rythme de redémarrage.
• Nécessité de dépasser les mesures d’aide ponctuelles pour une vision intégrée du redémarrage, orientée moyen terme.

Le débat autour de la fermeture et ses modalités laisse peu à peu la place au redémarrage et ses scénarios. Partout dans le monde, les courbes de l’offre et de la demande se sont déplacées suite aux politiques forcées de fermeture partielle et totale. Conséquence : des retombées économiques lourdes sans précédent qui s’aggravent un peu plus chaque jour. Les pertes n’excluent aucun agent économique : Etats, tissus productifs et ménages. Ce qui pousse les décideurs à agir sans attendre. Pour eux, la roue de l’économie devra se remettre à tourner parce que le coût économique est énorme. Au Maroc, les premières estimations évoquent une décroissance de plus de 6,5% au deuxième semestre !
Même si un grand flou entoure les scenarii de reprise et les leviers capables de rendre de la vigueur à la demande et à l’offre, la réflexion sérieuse pour la sortie de crise et le redémarrage de l’activité est engagée par le comité de veille économique. Ses membres se basent sur les constats faits sur le terrain et aussi sur les doléances qui leur sont adressées par des dizaines de secteurs en recherche d’aide de l’Etat. Plusieurs professionnels de différents secteurs économiques ont exprimé leur espoir de voir le gouvernement atténuer leurs difficultés. Il faut dire que toutes les mesures entreprises déjà par le comité sont plus que louables et ont permis de maintenir la machine en activité et de présenter un coussin salvateur de résistance. Toutefois, étant donné qu’elles ne peuvent s’inscrire dans la durabilité (4 mois maximum), les actions gagneraient à s’insérer le plutôt possible dans une vision globale et articulée pour relancer la machine sur le moyen et le long terme. Etant donné que les schémas économiques à l’échelle mondiale auront changé entre-temps, des économistes affirment que c’est le repositionnement stratégique de toute l’économie qu’il faut négocier et bien le faire dès à présent. Selon eux, l’économie marocaine a un grand intérêt à se positionner avec ses forces dans la «nouvelle géographie des chaînes de production». D’aucuns estiment que la politique de boucher des trous grâce aux aides directes et aux appuis publics aux entreprises serait la pire erreur.

Agriculture, transport, agro-alimentaire, automobile, aéronautique et secteurs exportateurs à prioriser..

En attendant, première étape pour sortir de l’état d’hibernation, le dé-confinement économique des secteurs prioritaires s’impose. A ce titre, la prochaine réunion du Comité de veille économique est très attendue pour annoncer les prémices de ce que va être le déconfinement économique. Autre date attendue, le 18 mai : le chef de gouvernement y exposera les premières mesures de redémarrage devant le Parlement. Auprès du ministère des finances, l’on explique que les critères déterminant le choix des secteurs et des filières prioritaires et prêts à redémarrer l’activité sont laissés au pouvoir discrétionnaire des ministères sectoriels de tutelle, en cohérence avec le schéma de dé-confinement qui sera retenu. Le ministre souligne que les secteurs sont touchés à différents degrés. Ce qui suppose une approche différenciée des schémas de reprise et du rythme de redémarrage. Les plans sectoriels finalisés le 12 mai vont servir de point de départ. A noter que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a été impliquée dans l’exercice. Les fédérations ont enrichi la réflexion autour des plans sectoriels qui seront élaborés sous la supervision des ministres en charge des secteurs concernés.
Force est de relever que parmi les secteurs prioritaires figurent l’agriculture, l’agro-alimentaire, le transport et les activités produisant des biens ou livrant des prestations de première nécessité. A ces secteurs s’ajoutent les branches liées au commerce extérieur, notamment l’industrie automobile, le câblage, l’électronique, et l’aéronautique, etc. Ces secteurs sont dépendants aussi du redémarrage chez les partenaires de l’UE et la Chine. Par contre, le tourisme et l’aviation devront attendre et prendront plus de temps pour sortir de la torpeur.
A en croire les économistes, la reprise sera certes progressive, avec un accent particulier mis sur les dispositifs de protection des employés : les autorités locales et le ministère de la santé auront un rôle déterminant pour le suivi du risque épidémique. Pour les spécialistes, le déconfinement des secteurs et des activités doit être fait sur la base d’un certain nombre de critères ciblés, avec la possibilité de fixer quelques horizons. Un comité ad hoc fera des propositions de ciblage des secteurs qui reprendront du service et les activités à prioriser.
En parallèle à cela, le ministère de l’économie planche déjà sur un fonds d’investissement de 25 milliards de DH pour accompagner plus d’un millier de PME marocaines pour redémarrer leurs activités.

 

Encadré P

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