Programmme «Génie» : 57 000 ordinateurs pour 4 000 écoles

L’ANRT recevra les offres de prix le 24 septembre pour l’achat de PC au bénéfice de 4 000 écoles

30 entreprises ont retiré le dossier de l’appel d’offres
27 800 ordinateurs achetés lors de la première phase.

Le programme «Génie», portant sur l’équipement des écoles publiques marocaines en matériel informatique, est entré dans sa deuxième phase, qui concernera 3 970 établissements scolaires, avec 57 000 ordinateurs de bureau répartis en quatre lots attribués chacun à  un constructeur. Grâce à  ce parc, ce sont près de 2 millions d’écoliers qui pourront s’initier à  l’informatique et à  internet. 74% des écoles concernées par cette tranche sont situées en milieu urbain et 78% relèvent du cycle primaire, l’objectif étant de familiariser les enfants aux technologies dès leurs premières années d’études.

Un choix de procéder en trois phases pour mieux maà®triser le risque
Le dépôt des offres techniques des fournisseurs qui devait être clôturé le 4 septembre a été finalement reporté au 12 du même mois, comme l’a annoncé l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Cette première étape consistera à  examiner les échantillons déposés par les soumissionnaires et à  vérifier que le matériel proposé correspond bien au cahier des charges disponible sur le site de l’ANRT. Une fois les spécificités techniques approuvées, l’agence passera à  l’appel d’offres demandant aux constructeurs de soumettre les prix du matériel proposé. En raison du premier report, le lancement des appels, prévu le 13 septembre, a lui aussi été différé au 24 septembre. Pour l’heure, une trentaine d’entreprises ont retiré le dossier de l’appel d’offres, sans compter celles qui l’ont téléchargé sur le site de l’ANRT.

En attendant, la première tranche du programme, qui avait porté sur 2 016 écoles pour 1,5 million d’écoliers, et été remportée par Wincore et Bull, est en cours de réalisation, indique l’agence. Plus de la moitié des établissements relève du primaire et 1 290, soit 64% du total, sont situés en milieu urbain avec un effectif de 1,2 million d’élèves.

Si le ministère de l’éducation nationale affirme que la première tranche a été officiellement clôturée en juin 2007, on constate qu’aujourd’hui encore, certaines écoles, dont nous avons pu joindre les responsables, n’ont pas encore reçu leur matériel. Du côté du ministère, Ilham Laâziz, en charge du projet, explique que «si des écoles n’ont pas été livrées c’est qu’elles ne remplissaient pas les exigences en matière de sécurité pour accueillir une salle informatique, à  savoir une superficie de 50 m2 , des fenêtres avec grilles et des portes métalliques avec fermetures sécurisées». Le ministère assure également que toutes les écoles figurant sur la liste de la première phase seront, en principe, totalement équipées dans les prochains mois.

Quoi qu’il en soit, les parties prenantes au projet, en particulier l’ANRT à  qui est confié l’achat du matériel, tentent de tout faire pour éviter les cafouillages. «A chacune des phases, nous essayons de tirer des enseignements pour la suivante», explique une source proche du dossier. «Le choix de procéder par tranches a justement pour but de limiter les dégâts en cas de problème», précise-t-elle. Toujours est-il que même scindé en quatre lots, le programme «Génie» est une aubaine pour les constructeurs.

L’achat des ordinateurs est financé par une ponction de 2,5 % sur le CA des opérateurs de télécoms
En attendant, la troisième et dernière phase ne devrait débuter qu’en 2008. Notons que le programme «Génie», portant sur l’achat de 100 000 ordinateurs pour 9 000 établissements scolaires sur trois ans, est financé via le compte du «Service universel», géré par l’ANRT, et alimenté par une ponction de 2,5% sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications.

Une question reste toutefois posée : qu’en est-il de la disponibilité de professeurs aptes à  enseigner l’informatique aux jeunes écoliers ? Tout porte à  croire que, sur ce chapitre, toutes les mesures n’auraient pas été prises. Ainsi, au début de l’été, l’équipe chargée du pilotage du projet a découvert que, dans certaines écoles équipées en salles multimédias, ces dernières sont restées fermées faute d’enseignants. Or, il ne s’agit pas seulement d’équiper les écoles, encore faut-il que le matériel puisse être utilisé et utile. Espérons que pour la rentrée 2007 /2008, le ministère prendra de bonnes résolutions dans ce sens.