Production de dattes : la filière sort progressivement de sa léthargie

Douze pays invités, 200 exposants et 40 000 m2 pour l’exposition lors de la troisième édition du Salon international des dattes d’Erfoud. Plusieurs projets de développement solidaire ont été lancés. La production de dattes a augmenté de 10% en 2011.

La troisième édition du Salon international des dattes du Maroc, organisée du 8 au 11 novembre à Erfoud, confirme le renouveau de phœniciculture. Le nombre de pays invités qui était de quatre lors de la deuxième édition a été porté à 12 (Tunisie, Algérie, Egypte, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite, UAE, Sultanat d’Oman, Koweit, Mauritanie, Qatar et Bahreïn). L’espace d’exposition a aussi été porté à 40 000 m2, dont 11 000 m2 en stands, car le nombre d’exposants est monté de 183 à 200. Mais pour le Dr Bachir Saoud, DG de l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganerie (ANDZOA), les nouveautés sont dans le fond. Il souligne à cet égard le lancement des projets de développement solidaire par plus de 22 groupements d’intérêt économique (GIE) et la qualité du programme scientifique et d’animation.

En effet, le salon est un événement certes, mais doit être mis au service de la filière des dattes qui constitue, selon la région, entre 20 et 60% des revenus des agriculteurs des zones où se concentre cette culture. Ouarzazate abrite 41% du patrimoine phœnicicole, le Tafilalt 28% et la région de Tata 20%.

Le Maroc, 7e producteur mondial

Le ministre de l’agriculture et des pêches maritimes, Aziz Akhannouch, explique par ailleurs qu’il n’y a pas lieu de comparer le SIAM avec le SID mais il est du devoir du pays de chercher à encourager cette filière vitale pour ce Maroc profond constitué par l’ensemble des filières.

Il y a lieu de signaler que dans le sillage du contrat programme 2010-2020 portant sur un montant totalisant plus de 7 milliards de DH, il est prévu de travailler dans plusieurs directions, entre autres la reconstitution des palmeraies existantes dont nombre d’entre elles sont improductives pour cause de surpopulation de mâles (il en faut juste 5% à l’hectare). L’ensemble des 48 000 ha correspondant à 4,8 millions de palmiers (100 pieds à l’hectare) est programmé, en plus de 17 000 ha au titre des nouvelles plantations.

Il y a aussi des actions au niveau de l’emmagasinement et des frigos, de la sensibilisation pour le choix de plants résistants au bayoud comme najda, une création de l’Institut national de recherches agronomiques (INRA). Le contrat programme prévoit également le reforcement des disponibilités nationales de vitroplants en portant la capacité annuelle moyenne de production à 300 000 plans entre 2010 et 2020 contre 60 000 entre 2005 et 2009.

La production de la campagne passée, en augmentation de 10% par rapport à la précédente, à 110 000 tonnes, place le Maroc au 7e rang mondial. Or, avec l’ensemble des mesures prises, le Maroc table sur une production de 160 000 tonnes d’ici  2020.

Mais encore faut-il s’attaquer à plusieurs problématiques, une meilleure valorisation (produits et sous-produits, comme la confiture ou la pâte à base de datte) et une meilleure qualité des produits. Il faut savoir, en effet, que sur les 453 variétés qui existent, la part des variétés nobles (Mejhoul, jihel, bouffegouss…) est assez faible. Elle ne représente que 35% du patrimoine national.