Problématique du stationnement à  Casablanca : A quoi sert Casa Développement ?

Tandis qu’on installe des horodateurs dans certains quartiers, on en laisse d’autres à  la merci des gardiens de voitures… Sans compter le plan de déplacement urbain dont la gestion reflète le manque de maîtrise des élus sur la question! Alors quid de Casa Développement, chargée de la gestion opérationnelle du stationnement ?

Le problème du stationnement à Casablanca, une composante importante de la mise en œuvre du nouveau plan de circulation de la métropole et plus globalement du Plan de déplacement urbain (PDU), est géré d’une drôle de manière qui reflète bien le manque de maîtrise des élus sur cette question. Pour l’heure, la Commune urbaine de Casablanca (CUC) s’intéresse uniquement à l’installation des horodateurs dans certains quartiers pendant que d’autres sont laissés à la merci de la flopée de gardiens qui y appliquent leur propre loi. Le Conseil de la ville s’apprête d’ailleurs à lancer des appels d’offres sur la base d’un nouveau cahier des charges dont les dispositions auraient été améliorées. Dans ce cas, à quoi sert la société Casa Développement, à l’origine société d’économie mixte créée en 2007 par la CUC en partenariat avec la Caisse de dépôt et gestion (CDG) et chargée de la gestion opérationnelle du stationnement, comme devait le préciser le Conseil d’Administration tenu le 9 janvier 2008 auquel ont pris part les représentants du Conseil de la ville, à leur tête, le président Mohamed Sajid, et 4 représentants de CDG Développement ?

Pour rappel, ce conseil avait alors «pris acte des procédures juridiques de création» de Casa Développement et «mis en place un comité ad hoc pour le suivi des premiers projets importants». Mais avec la modification de la loi 78-00 portant charte communale par le Dahir 18 février 2009 qui introduit, dans le but d’une meilleure transparence de la gestion locale, les sociétés de développement local (SDL), Casa Développement, en tant que société d’économie mixte, s’est retrouvée de facto en porte à faux avec la loi. Du coup, elle devait se transformer en SDL dédiée au stationnement pour se conformer à la loi.

2 300 places inexploitées identifiées au Maarif

En outre, la nouvelle société sous forme de SDL devait recevoir une autorisation préalable des autorités de tutelle avant de faire l’objet d’une délibération au sein du Conseil de la ville de Casablanca. Cette transformation a pris curieusement beaucoup de temps, et aujourd’hui que toutes les étapes ont été franchies, Casa Développement attend que son cas soit inscrit à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil de la ville. Son dossier est en attente de délibération depuis juillet dernier.

C’est donc pour le moment une coquille plus ou moins vide, avec un DG qui attend de pouvoir agir dans le cadre qui lui a été tracé par la loi, c’est-à-dire recruter le personnel de l’entreprise et avancer sur les chantiers relatifs au stationnement.

En premier lieu, Casa Développent devra s’attaquer au problème du stationnement au quartier Mâarif qui avait déjà fait l’objet d’un appel d’offres ayant débouché sur la sélection en 2010 d’un groupement composé des Sociétés Parkeon et NCMR pour placer les horodateurs dans ce quartier. Cette expérience considérée comme pilote devait être étendue à d’autres quartiers de la ville. Mais depuis l’attribution de ce marché, près de trois ans se sont écoulés. Maintenant se pose la question de la validité de ce marché à laquelle la direction de Casa Développement et le concessionnaire devront trouver une réponse.

En tout cas, le DG de Casa Développement, Khalid Bennani, affirme avoir déjà sous le coude un nouvel appel d’offres au cas où le groupement sélectionné ne serait plus intéressé, en plus de quelques pistes pour mener à bien la mise en œuvre de la politique de stationnement prônée par le Conseil de la ville. Pour décongestionner ce quartier, la tendance serait de délimiter des zones à péage par horodateurs avec des tarifs progressifs étudiés pour pousser à une rotation plus rapide des automobilistes, identifier des terrains pour créer des parkings en surface ou en hauteur, et proposer des solutions conformes au plan de circulation de la ville. Déjà quelque 2 300 places potentielles inexploités ont été identifiées dans ce quartier. En attendant, le mystère reste entier sur le sort que le Conseil de la ville réserve à Casa Développement, société dont elle est l’actionnaire principal.