Premiers bénéfices pour Risma

La société affiche 40 MDH de résultat net après des exercices marqués par d’importantes dotations
aux amortissements

Le taux d’occupation moyen des hôtels du groupe
Accor est de 70 %.

Risma, le fonds d’investissement d’Accor au Maroc, affiche le premier bénéfice de son histoire avec un résultat net consolidé de près de 40 MDH, au terme de l’exercice 2005 (différent du résultat social qui est de – 18,88 MDH).

Outre le numéro un européen de l’hôtellerie, qui contrôle 48,2 % du capital et perçoit des redevances confortables de gestion dans son autre structure Accor Gestion Maroc, cet exploit vient soulager les actionnaires marocains (groupe Benjelloun, Mamda, CIMR, CFG Group et Asma Invest), après plusieurs années de déficits essuyés, à vrai dire, sans grande surprise. En effet, en raison d’imposantes dotations aux amortissements et de charges d’endettement liées à un effort effréné d’investissement (un milliard de DH déjà dépassé et 1,8 milliard de DH à l’horizon 2008), les résultats opérationnels des hôtels, dont une bonne partie n’avaient pas encore atteint leur vitesse de croisière, étaient naturellement plombés.

Le premier Etap Hôtel ouvrira fin 2006
Au-delà de l’équilibre, on retiendra surtout la formation des résultats, qui est assise sur une croissance saine du compte d’exploitation. Aussi, grâce à un taux d’occupation moyen élevé, notamment celui des deux unités Coralia et des dix Ibis, qui dépassent les 70 %, le chiffre d’affaires consolidé a fortement progressé pour se situer à 630 MDH. Une performance accentuée au niveau de l’indicateur phare du secteur, le GOP (résultat opérationnel avant amortissements, loyers des hôtels en gérance libre, frais financiers et fees) qui dépasse, pour la première fois, la barre de 200 MDH, grâce en partie aux mesures de rationalisation des charges d’exploitation telle la réduction du nombre moyen de salariés/unité Ibis.

La seule zone d’ombre au tableau semble être la dépendance de Risma vis-à-vis de ses cinq unités Sofitel (enseigne haut de gamme) qui assurent plus de 50 % des revenus, du GOP et de l’excédent brut d’exploitation. Mais Accor devrait pallier cette faiblesse par la montée en régime des Ibis – la onzième unité a été inaugurée à Ouarzazate et trois autres sont prévues d’ici 2007 -, le renforcement des autres enseignes Novotel (deux nouvelles unités à Agadir et Casablanca) et Mercure (une ouverture à Marrakech en 2006), ainsi que l’introduction au Maroc d’Etap Hotels (l’autre marque économique maison) dès fin 2006.

En définitive, avec des indicateurs repassés au vert et des perspectives assez prometteuses, l’introduction en Bourse par levée de 250 MDH, prévue dans quelques mois, se présente sous de bons auspices, notamment après l’apurement, en février dernier, des déficits antérieurs par réduction de capital de 489 MDH à 366,8 MDH, qui permet la distribution de dividendes dès 2007.