PPP dans les aéroports : les scénarios qu’étudie l’ONDA

L’office a lancé un appel d’offres pour la définition d’une stratégie d’introduction des PPP dans le secteur. Les partenariats pourraient concerner à la fois les aéroports existants et les enceintes à construire. L’option de la privatisation de l’ONDA n’est pas écartée.

Enfin du concret dans le projet d’implication du secteur privé dans le développement aéroportuaire. L’Office national des aéroports (ONDA) vient de lancer un appel d’offres pour la définition d’une stratégie d’introduction des partenariats publics privés (PPP) dans ce secteur. Comme rapporté en avant première par La Vie éco en juin 2014, le ministère de l’équipement, du transport et de la logistique a mené pendant plus d’un an une réflexion en vue d’impliquer le privé dans la réalisation et la gestion des aéroports. Aujourd’hui que la loi régissant les PPP est entrée en vigueur et que ses décrets d’applications devraient bientôt être publiés, l’ONDA a lancé à son tour la réflexion sur les modèles qui permettraient une implication efficace du secteur privé.

L’appel d’offres que l’office vient de lancer révèle que trois volets pourraient être concernés par un PPP, à savoir le développement des aéroports, leur gestion et leur exploitation. Le privé pourrait donc être sollicité à la fois pour les aéroports existants et ceux dont la réalisation interviendrait à l’avenir. L’étude à mener devra également permettre à l’ONDA de choisir parmi quatre schémas différents de partenariat.

Le premier est l’introduction du PPP par aéroport. Il s’agira de traiter le cas de chaque aéroport à part avec la possibilité d’avoir un partenaire privé différent dans chaque enceinte.

Le deuxième schéma prévoit des PPP par groupements d’aéroports. Le partenaire privé sera dans ce cas impliqué dans le développement, la gestion ou l’exploitation d’un ensemble d’aéroports. Le défi à ce niveau sera de définir les aéroports qui seront inclus dans un même groupe de manière à garantir aux partenaires un équilibre économique et financier.

Le troisième scénario concerne pour sa part le développement d’un PPP pour tous les aéroports du Royaume.

Enfin, le quatrième scénario, et certainement celui qui fera couler beaucoup d’encre s’il est retenu, est celui de l’ouverture du capital de l’ONDA. Dans ce cas de figure, il faudra préalablement trouver un schéma où la propriété des aéroports, qui appartiennent aujourd’hui à l’Etat, soit transférée à l’office. Aussi, l’évaluation de l’office ne pourra être faite qu’après avoir rassemblé et évalué tous les actifs aéroportuaires existants au Maroc, ce qui peut compliquer le processus.

Pour l’heure, il est trop tôt pour évaluer les chances d’adoption d’un tel ou tel scénario tant l’ONDA, à travers l’appel d’offres, ou le ministère de tutelle, à travers les déclarations faites par le passé, laissent la porte ouverte à toutes les options possibles. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le Maroc a clairement opté pour le PPP pour rendre sa stratégie aéroportuaire plus efficace, notamment pour faire face à l’augmentation exponentielle du trafic aérien prévue au cours des 20 prochaines années.