Portabilité : à  peine 72 000 clients ont changé d’opérateur depuis l’instauration du système

Le délai de rétractation est ramené à  une journée au lieu de deux. Le problème d’identification du client peut constituer un motif de refus. Plutôt que d’opter pour la portabilité, le client marocain choisit d’avoir plusieurs puces.

Dans un nouvel effort pour promouvoir le service de portabilité des numéros, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) vient de publier une procédure simplifiée pour les clients qui souhaitent changer d’opérateur de téléphonie tout en conservant leurs numéros. Cette nouvelle procédure vient modifier et compléter la décision relative aux modalités et conditions de mise en œuvre de la portabilité des numéros n°1/11 datant de février 2011 qui, déjà, avait initié la volonté du régulateur d’alléger les procédures opérationnelles et de promouvoir le service.

Force est de constater que le texte n’a pas été modifié en profondeur mais vient plutôt corriger certains points qui se sont avérés astreignants dans la pratique. Ainsi, la nouvelle mesure réduit à un jour ouvrable, au lieu de deux jours auparavant, le délai dont dispose l’usager pour annuler sa demande de portage après son dépôt auprès de l’opérateur receveur. Passé ce délai, la demande définitive est transmise à l’opérateur donneur. «Cette mesure a pour but de prévenir le manque de diligence de la part de certains clients qui procèdent à des opérations de portage et d’annulation juste pour profiter des avantages énoncés par les commerciaux», nous explique-t-on au niveau de l’ANRT. En outre, et comme le motif de contentieux ou d’existence de factures impayées ne peut être invoqué pour refuser une demande de portage, l’opérateur est tenu d’informer au préalable le client demandeur sur les frais de résiliation du contrat de service dont il est redevable. A la demande de ce dernier, l’opérateur est même tenu de lui remettre une facture dûment signée englobant le montant des frais de résiliation dans un délai maximum de 48 heures pour les particuliers et de 3 jours pour les entreprises.

Le régulateur exhorte les opérateurs concernés à mettre en place un système d’échange automatisé

Le délai de portage, quant à lui, n’a pas été changé. Il est maintenu à 6 jours entre la date du dépôt de la demande et celle de la concrétisation de l’opération. Le régulateur exhorte par ailleurs les opérateurs concernés à mettre en place un système d’échange automatisé pour faciliter et sécuriser leurs échanges. En effet, le problème d’identification du client est récurrent dans ces situations et peut constituer un motif de refus.

Cependant, malgré un cadre réglementaire de plus en plus affiné, les clients ne se pressent pas aux portes car près de 6 ans après son entrée en vigueur, le service de portabilité n’a toujours pas rencontré le succès escompté. Selon les chiffres de l’ANRT, ils ne sont que 72 000 clients à avoir migré depuis le lancement du service début juin 2007. Ce qui est très faible au regard du taux de pénétration du mobile qui laisse supposer un parc de près de 40 millions de clients dont plus de 1,8 million en post-payé, principale cible du service de portabilité.

Du côté des opérateurs, on fait preuve de frilosité dès lors qu’il s’agit de chiffres et aucune donnée n’est communiquée sur la répartition de ce maigre butin. Pourtant, ces derniers n’ont pas lésiné sur les moyens et les campagnes de communication se sont succédé afin de débaucher chez la concurrence. Par exemple, le nouveau venu, Inwi, met les bouchées doubles en s’attaquant au parc prépayé. Mais, dans la pratique, il semble qu’entre services clients quasi similaires et politique tarifaire uniformisée, le client marocain ne trouve pas d’arguments convaincants et aura plutôt tendance à multiplier les puces de téléphone au gré des promotions.