Plan Emergence : 100 000 emplois créés depuis 2009

L’automobile, l’aéronautique et l’offshoring ont évolué de manière très favorable. Les exportations des six métiers mondiaux ont progressé de 11% par an en moyenne. Des retards conséquents en matière de formation.

Des rendez-vous annuels importants, il y en a une multitude dans l’année pour le monde des affaires. Mais pour beaucoup d’opérateurs économiques, «les 3e Assises de l’industrie» qui se sont tenues mercredi 21 février à Tanger sont de ceux qu’il ne fallait pas manquer. Non pas que de grandes annonces allaient être faites, mais parce que la rencontre était une occasion pour dresser le bilan à mi-chemin du Pacte national pour l’Emergence industrielle (PNEI) signé en 2009. L’exercice est fastidieux parce que cette stratégie implique pas moins de 6 secteurs d’activité dont 4 métiers mondiaux du Maroc (MMM), en l’occurrence l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique et l’électronique, et les deux métiers mondiaux traditionnels que sont le textile/cuir et l’agroalimentaire.

L’une des plus grandes satisfactions de ces dernières années est sans doute l’implantation dans la zone industrielle de Melloussa à Tanger du groupe Renault qui a attiré une kyrielle de fournisseurs, entre autres Snop, Valeo, Takata, Denso et Saint Gobain. Le groupe français a investi un milliard d’euros (11 milliards de DH) dans cette usine dédiée à la voiture familiale Lodgy et à l’utilitaire Dokker.

Il y a quelques jours, le canadien Bombardier, troisième constructeur mondial d’avions, a démarré l’activité de son site localisé dans la plateforme industrielle intégrée (P2I) Nouaceur Aerospace City, qui a nécessité un investissement de 200 millions de dollars.

La compétitivité demeure un souci majeur

Tout aussi satisfaisant est le comportement de l’offshoring qui a été ces dernières années l’un des gros pourvoyeurs d’emplois du tissu économique. Le secteur qui s’est appuyé sur des sites comme Casanearshore et Technopolis (Rabat) a attiré 17 entreprises des 50 SSII françaises les plus performantes et plusieurs projets ont été réalisés par d’autres investisseurs étrangers et nationaux.

Selon les services du ministère du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies (MCINT), plus de 100 000 emplois ont été créés par les six MMM depuis la signature de PNEI. Leurs exportations (hors services) ont également progressé de 11% en moyenne sur cette période, en grande partie grâce à l’automobile et à l’aéronautique.

En coopération avec les organisations professionnelles, l’Etat a mis en œuvre une batterie de mesures spécifiques et transversales pour accompagner tous les secteurs et améliorer le climat des affaires. Les P2I et la réhabilitation des zones industrielles sont inscrites dans la même logique.

Officiellement, la satisfaction est de rigueur. Cependant, le ministère de l’industrie n’ignore pas que derrière les chiffres reluisants il y a encore un gros travail à effectuer, notamment en matière de formation et de mise en œuvre concrète des décisions pour améliorer la compétitivité.