Ordre des médecins : les élections repoussées une nouvelle fois

Initialement prévu ce mois d’octobre, le scrutin est repoussé à  janvier 2014 en raison de la conjoncture politique. Deux dossiers chauds attendent le prochain conseil : l’amendement de la loi 10/94 sur la médecine et la mise en place d’une politique de la santé.

L’élection du Conseil national de l’ordre des médecins, qui devait avoir lieu ce mois d’octobre est repoussée à janvier 2014. Ce report est justifié, selon les syndicats du secteur de la santé, par la conjoncture politique actuelle. Il faut espérer que cette fois-ci soit la bonne car il s’agit du troisième report après ceux de 2001 et 2006. En place depuis 1996, l’actuel conseil est aujourd’hui contesté par une écrasante majorité de la profession, notamment les médecins universitaires, les praticiens du public et du secteur libéral. Légalement, il n’y a plus d’obstacles à sa dissolution. Depuis la promulgation de la loi 08-12 relative à l’organisation des instances ordinales, les médecins ont en effet obtenu le droit, comme c’est le cas dans les autres professions libérales, d’élire eux-mêmes leur président, auparavant nommé par le Roi en vertu de la loi 11/94. «Nous aurons un conseil qui a toute la légitimité nécessaire pour organiser, contrôler et défendre les intérêts de l’ensemble de la profession», se félicite Mostafa Echennaoui, secrétaire général de la CDT Santé.

Les syndicats veulent organiser un débat national sur la santé

L’élection de l’instance ordinale est donc une priorité pour les médecins qui sont, par ailleurs, fortement mobilisés pour la révision de la loi 10/94 relative à l’exercice de la profession médicale. Les syndicats organiseront dans les prochains jours «La Journée nationale de réflexion sur la santé», dont l’objectif est de sensibiliser les organisations des droits de l’Homme, les partis politiques ainsi que les syndicats à la nécessité d’une politique de la santé. «Les pouvoirs publics devraient, à l’instar des Plan Maroc Vert ou Azur, penser à opérer de la même manière pour le secteur de la santé qui est aujourd’hui à deux vitesses. D’un côté, une médecine privée disposant de moyens techniques avancés et de l’autre, le secteur public dont l’image est ternie par de multiples dysfonctionnements et défaillances», expliquent les syndicalistes qui estiment que l’ouverture du capital des cliniques créera un troisième type de cliniques. Soit des structures de très haut standing dirigées par des institutions financières ou des compagnies d’assurance, voire par des laboratoires pharmaceutiques. L’idéal syndicaliste s’articule autour d’un secteur public mis à niveau et renforcé et des cliniques privées accessibles à la population. Un schéma qui serait renforcé par une extension de la couverture médicale qui ne touche actuellement que près de 35% de la population.