Orange Money est opérationnelle au Maroc

Le Maroc est le 18e pays en Afrique à accueillir la solution de paiement mobile. Orange s’attend à un million d’ouvertures de comptes à fin 2020.

Deuxième opérateur à lancer la solution de paiement mobile après Inwi, Orange s’engage dans ce domaine encore embryonnaire au Maroc. Orange Money Maroc a été créée en mars 2019 et obtint l’agrément en août dernier. Le lancement grand public eut lieu le 10 mars 2020. «Lancée il y a 10 ans dans le continent, le Mobile money a fait ses preuves comme moyen de transfert d’argent en Afrique avec plus de 40 millions de clients aujourd’hui. Au Maroc, les opérateurs de transfert d’argent sont largement bien installés. C’est la raison pour laquelle nous avons adopté des prix de transfert plus compétitifs que les opérateurs spécialisés», déclare Yves Gauthier, DG d’Orange Maroc. Notre pays est le 18e en Afrique à accueillir la solution de Mobile Money d’Orange. M. Gauthier s’attend, vers fin 2020, à un million d’ouvertures de comptes (portefeuilles électroniques) possibles grâce à un processus simplifié. Orange Money a établi en effet trois niveaux de souscription.

Une procédure d’ouverture de compte simplifiée

Afin d’accéder au niveau1 de souscription qui donne un plafond maximum de 200 DH, il suffit de présenter son numéro national de téléphone. Pour avoir le niveau 2 plafonné à 5000 DH, il faut présenter son numéro de téléphone et sa pièce d’identité. Le niveau 3, limité à 200 000 DH, nécessite un numéro national de téléphone, une pièce d’identité et un justificatif de domicile. «Encore faut-il susciter un usage massif et un volume conséquent malgré des transactions en petits montants», dit Yves Gautier. Au-delà du transfert d’argent, Orange Money permet également l’achat de recharges téléphoniques et le paiement de diverses factures à partir du téléphone. «Il est possible d’activer le compte Orange Money avec une carte SIM Inwi ou Maroc Telecom. Les transferts internationaux sont aussi possibles en provenance de France. L’établissement de paiement ne comptabilise aucun frais de tenue de compte, d’autant plus que les services d’ouverture de compte et de dépôt de cash sont gratuits. Le dépôt et le retrait peuvent aussi être effectués dans un point de vente agréé», déclare Nawal Gharmili Sefrioui, directrice générale d’Orange Money. Orange Money se greffera pour l’instant sur ses propres points de vente estampillés Orange avant d’étendre les opérations vers d’autres réseaux de distribution. Mais la généralisation d’usage et le succès du Mobile Money nécessitent, selon M. Gauthier, beaucoup d’efforts afin de créer l’écosystème qui accélérera la croissance du trafic. Mais l’enjeu d’Orange Money est d’activer l’usage du paiement mobile. «Pour ce faire, il est nécessaire de se doter d’une capillarité de réseau supérieure à celle des banques, sachant que le mobile Money n’est pas un concurrent des banques (pas de rémunération des comptes). Une durée de 4 à 5 ans est nécessaire afin de tester le succès du Mobile Money et créer l’écosystème. Le paiement mobile n’est pas un sprint. C’est un marathon, car il nécessite de l’endurance», résume M. Gauthier. Avec un taux de pénétration du mobile de 131,14% en 2019, le Mobile Money a des chances de s’imposer comme solution d’inclusion financière mobile. En tout cas, c’est le vœu pieux de tous les établissements ayant reçu leur agrément pour le paiement mobile.

L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) vient de publier les chiffres du secteur des télécommunications de l’année 2019. Cette année a connu une évolution des deux parcs Internet et téléphonie mobile. En 2019, le parc des abonnés Internet s’est établi à 25,38 millions, enregistrant une hausse annuelle de 11,43% (en comparaison avec 2,6% en 2018) et un taux de pénétration de 71,33%. Le parc Internet mobile a enregistré pour sa part une croissance annuelle de 11,22% (2,21% en 2018) pour atteindre 23,68 millions d’abonnés. De son côté, le parc 4G s’élève à 15,72 millions, enregistrant une hausse de 63,66% sur une année (40,61% en 2018). L’évolution qu’a connue le parc de l’Internet mobile a eu un effet direct sur l’usage de la data mobile dont le trafic a progressé de plus de 30% sur une année. Toujours sur internet, le parc ADSL est estimé à 1,48 million à fin décembre 2019 avec une croissance de 4,07% sur une année. Le parc fibre optique (FTTH) a atteint, 121 237 abonnements à fin 2019 contre 73 169 une année auparavant.

 

D’après l’ANRT, le parc de la téléphonie mobile estimé à 46,67 millions au terme de l’année 2019, (+4,31%) a réalisé un taux de pénétration de 131,14%. La croissance annuelle du parc post payé est de 20,54% alors que le prépayé est au ralenti avec seulement 2,76% de croissance. Le parc de la téléphonie fixe s’établit pour sa part à 2,05 millions, soit un taux de pénétration timide de 5,77% à fin 2019. Quant aux usages, l’usage voix moyen sortant mensuel par abonné mobile a augmenté de 3% en 2019, en passant de 100 min/mois à fin décembre 2018 à 103 min/mois durant la même période en 2019. Pour le prépayé, une baisse annuelle de 5,97% a été enregistrée, portant l’usage moyen à 63 min/mois à fin décembre 2019. Pour le mobile postpayé, il est passé de 477 min/mois à fin décembre 2018 à 480 min/mois à fin décembre 2019. En ce qui concerne la portabilité des numéros, seules 32 000 numéros fixes ont été portés à fin 2019, soit une augmentation de 14,7% sur une année. Le nombre de numéros mobiles portés s’élève pour sa part à près de 643 000 à fin décembre 2019 (+25,89% sur un an).