Opération mains propres chez les pêcheurs de poulpe

7,9 millions de DH d’amendes infligées à  des unités de congélation de poulpe
Une opération
de contrôle visera les bateaux de pêche hauturiers et côtiers
Un nouveau plan d’aménagement poulpier en préparation.

Les opérateurs de la pêche hauturière et leurs confrères opérant dans le segment côtier ont sûrement des sueurs froides. Le ministère des pêches maritimes, après avoir achevé le contrôle des unités de congélation, se prépare à  lancer une opération similaire qui touchera les bateaux hauturiers et côtiers. Les premiers ont la particularité d’être considérés comme des unités de congélation puisqu’ils procèdent à  la congélation en mer de leurs prises. «Les unités sortent en campagne pour une quarantaine de jours. A leur retour, les agents de contrôle vérifieront aussi bien le stock pêché, la présence de céphalopodes juvéniles que le respect des normes d’hygiène. Pour la pêche côtière, le contrôle qui se fait au niveau de la halle sera renforcé au niveau du débarquement», confie un responsable au ministère des pêches.

Ce département a montré sa détermination à  venir à  bout de la pêche illicite qui frappe le segment poulpier. Pour cela, une commission ad hoc composée des représentants des autorités locales, des services vétérinaires, de l’Office national des pêches et de la Gendarmerie royale a été constituée. Le bilan de la dernière opération mains propres qui a visé les unités de congélation montre l’ampleur du phénomène de la contrebande. Au total, 137 unités ont été visitées lors de cette opération et différentes infractions ont été constatées. Les plus significatives concernent la détention de stocks d’espèces normalement interdites de pêche en raison du repos biologique, la non-conformité aux normes d’exploitation en vigueur, le refus d’accès aux agents chargés du contrôle, la non-conformité des registres et la falsification des justificatifs. La commission de contrôle n’y est pas allée de main morte.

Des sanctions lourdes ont été décidées à  l’encontre des contrevenants, ce qui a déclenché une série de pressions exercées sur les différents responsables pour mettre un terme à  cette opération, sans aboutir pour autant.

La pêche artisanale a épuisé son quota, pas la hauturière
Finalement, les mesures prises ont concerné la suspension de 36 agréments d’exploitation et la signification de 30 amendes, d’un montant de 7,9 millions de DH environ. Ce qui est certain, c’est que la campagne de contrôle a provoqué une réaction en chaà®ne chez les opérateurs concernés dont la plupart se sont résignés à  se conformer au règlement. «A l’heure actuelle, 28 unités ont vu leurs agréments rétablis après régularisation et ceux de 3 unités sont en voie de l’être. De même, 27 amendes d’un montant global d’environ 7,2 millions de DH ont été acquittées, soit 90 % du montant total des amendes signifiées», explique-t-on au ministère des pêches. La pilule n’est pas passée facilement.

L’évaluation définitive de cette opération devrait intervenir à  la fin de la campagne de pêche, ouverte en décembre et qui arrivera à  terme en mars prochain. Toutefois, la pêche peut être suspendue si le quota alloué est atteint. Ce quota de 28 000 tonnes est réparti sur les trois segments, conformément à  la clé de répartition arrêtée par le plan d’aménagement du 12 avril 2004. Ainsi, 17 620 tonnes reviennent au segment hauturier, contre 30 90 pour les côtiers et 7 290 pour la pêche artisanale. Notons que ce quota initialement fixé à  24 000 tonnes a été revu à  la hausse suite aux recommandations de l’INRH, Institut national de recherche halieutique, qui s’est basé sur une reconstitution plus importante des stocks que celle prévue au départ.

Aujourd’hui, seul le segment artisanal a épuisé sa quote-part. Les 3 500 barques opérant dans les sites ouverts à  la pêche ont en effet épuisé leur quota le 9 février dernier. La demande des propriétaires de barques de continuer leur activité tout en ciblant d’autres espèces que le poulpe, le poisson blanc notamment, a été déclinée par le ministère dans le but d’éviter toute infraction et de permettre une évaluation dans les normes de la campagne.

Quant aux côtiers, ils se rapprochent de leur plafond. Au 8 février, date des dernières statistiques disponibles, ils avaient atteint 88 % des prises allouées à  ce segment. Seuls les hauturiers semblent peiner pour réaliser le volume autorisé. Selon les statistiques du ministère, arrêtées au 7 février pour ce segment, la flotte céphalopodière hauturière a réalisé un tonnage estimé à  9 822 tonnes, soit seulement 55,7% de son quota. Un pourcentage qui pourrait sensiblement évoluer dans les jours qui viennent. Dans tous les cas, les opérateurs songent déjà  à  la prochaine campagne qui se déroulera dans le cadre d’un nouveau plan d’aménagement, celui en cours arrivant à  terme au mois d’avril prochain. Au ministère, l’on soutient qu’un processus de consultations sera engagé afin d’élaborer la nouvelle matrice poulpière.