ONU : Une journée internationale pour l’arganier

• L’organisation internationale a adopté mercredi dernier le projet de résolution initié par le Maroc pour la proclamation de la journée internationale de l’arganier.
• Ce sera chaque année le 10 mai.
• Les enjeux socioéconomiques et environnementaux de cette reconnaissance sont importants pour la filière.

Le 10 mai de chaque année sera désormais associé à l’arganier. L’Assemblée générale des Nations Unies vient d’adopter une résolution à cet effet. C’est suite à une démarche initiée par le Maroc l’an dernier auprès de l’organisation internationale. Il s’agit de permettre à la communauté internationale une meilleure compréhension des différentes dimensions clés de l’arganier : économiques, sociales, culturelles, écologiques, nutritives et médicinales.
Pour rappel, l’arganier a déjà décroché plusieurs reconnaissances à l’échelle mondiale. En effet, l’arganeraie a été déclarée le 8 décembre 1998 par l’UNESCO, première réserve de biosphère du Maroc sur une superficie de 2,5 millions d’hectares environ. Celle-ci concerne les provinces et préfectures d’Agadir Ida Outanane, Inzegane Aït Melloul, Chtouka Aït Baha, Taroudant, Tiznit et Essaouira. L’arganier a été aussi inscrit dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en 2014, et reconnu en tant que système ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) par la FAO, en 2018. Aujourd’hui, l’adoption d’une journée internationale dédiée à cet arbre endémique du Royaume aura indéniablement de fortes retombées sur son écosystème. La dimension internationale qui entoure cette reconnaissance est une opportunité pour mettre en valeur le rôle clé de l’arganier et pour renforcer la coopération internationale en faveur de son développement.
Dans ce contexte, il faut souligner que depuis plusieurs années un nombre de mesures et d’actions ont été entreprises en amont et en aval de la filière qui a bénéficié d’un intérêt particulier dans le Plan Maroc Vert. La création de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) en 2010 et la signature d’un contrat-programme pour la période 2012-2020 entre le gouvernement et l’interprofession de la filière sont quelques uns des jalons importants de cette marche en avant en faveur de l’activité. Pour rappel cette feuille de route a ciblé la réhabilitation de 200 000 ha de l’arganeraie. L’extension de sa culture en conduite moderne sur 5 000 ha et la domestication de l’arganier sont aussi d’autres objectifs du contrat-programme de la filière.
Le projet de développement de l’arganiculture dans les environnements dégradés (DARED), cofinancé par le Fonds Vert pour le climat vise à accompagner pour sa part les efforts en la matière. Ce chantier porte sur la plantation de 10 000 ha, la mobilisation des eaux de surface, le renforcement des capacités des acteurs et l’organisation des maillons de la chaîne de valeur de la filière. A noter que ce programme a été lancé par S.M. le Roi en février 2020. D’un coût global de 49,2 millions de dollars, ce projet devrait s’achever en 2023. Il devrait profiter à 26 000 bénéficiaires. En outre, le projet de plantation des arganiers devrait générer 800 000 journées de travail. Le programme permettra d’atteindre un rendement en fruit d’arganier de 6 T/Ha en année de croisière.
D’autres projets de développement de la filière sont prévus dans le cadre de la Stratégie Génération Green. Il s’agit d’atteindre à l’horizon 2030 un objectif cumulé de 400 000 ha d’arganiers réhabilités dans le domaine forestier et de poursuivre le développement de l’arganiculture pour atteindre de 50000 ha au total à l’échéance 2030.
La recherche accompagne aussi l’évolution de la filière. Il s’agit notamment de l’amélioration génétique, de la création de variétés d’arganiers et la sélection d’arganiers performants. Il est aussi question de la multiplication des plants sélectionnés, l’élaboration des techniques de conduite des vergers modernes d’arganiers, la valorisation de l’arganier et ses produits, ainsi que l’utilisation de la biotechnologie dans la recherche sur l’arganier. Pour l’heure, des résultats de recherche importants ont été atteints. Six variétés d’arganiers, caractérisées par leur large adaptation et par leur précocité de production, sont aujourd’hui inscrites au catalogue officiel.
Dans la filière, c’est véritablement une révolution. Les nouvelles variétés développées offrent des performances agronomiques de rendement et de qualité, notamment pour les huiles d’argane. Ces résultats ont été présentés tout dernièrement au ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, au domaine expérimental d’Agadir Melk Zhar relevant de l’INRA.
Les avancées exposées permettent de passer à une étape importante de domestication de l’arganier et de maîtrise de la génétique de l’arganier. Elles facilitent la transition vers une filière plus structurée.
Les premières plantations de l’arganier en verger à partir des nouvelles variétés seront réalisées dans le cadre des 50 000 ha dédiés à l’arganiculture programmés dans le cadre de la Stratégie Génération Green.
L’ensemble de ces réalisations ne sera pas bien sûr sans retombées sur les acteurs de la filière et le renforcement de l’autonomisation économique de la femme marocaine, notamment en milieu rural. Sur ce dernier plan, il y a encore des batailles à gagner et la journée internationale de l’arganier permettra sûrement le renforcement de l’amont à travers la valorisation de la matière première au sein des coopératives. La marche en avant de l’arganier continue.