ONEE : 16.9 milliards de DH d’investissements dans l’eau potable d’ici 2016

Face aux besoins croissants en eau potable, l’office ambitionne de débourser 12,4 milliards de DH pour les zones urbaines et 4.5 milliards pour le rural. Les principales villes du Royaume verront leur accès à  l’eau potable renforcé d’ici 2016. Le dessalement est l’une des solutions privilégiées.

Après un été particulièrement chaud, qui a une nouvelle fois rappelé aux Marocains de certaines régions la problématique de la raréfaction de l’eau, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a pris d’importantes mesures pour faire face à ce stress hydrique. C’est ainsi que la branche eau de l’ONEE bénéficiera d’un coup d’accélérateur de ses investissements pour les trois prochaines années. Afin de faire face aux importants besoins futurs en eau potable du pays, l’office compte en effet débourser 16,9 milliards de dirhams pour ses grands projets d’eau potable pour la période 2013-2016. En comparaison, l’office avait investi 26,2 milliards de DH entre 2001 et 2012. Dans cette enveloppe globale, la plus grande partie sera attribuée à la pérennisation, la sécurisation et le renforcement de l’alimentation en eau potable en milieu urbain.

12,4 milliards de DH permettront d’augmenter la capacité de production de l’office de 18,6 m3/s, d’améliorer le rendement des installations de production à 95,6% et ceux de la distribution à 76,5% contre respectivement 94,8% et 72,3% atteints à fin 2012. Ce budget permettra également de porter le taux de branchement à 97% dans ces zones urbaines. Le reste de l’enveloppe globale, soit 4,5 milliards de DH, sera injecté pour permettre un meilleur accès à l’eau potable en milieu rural. L’objectif est d’atteindre un taux d’accès de 96%, contre 93% actuellement. L’office compte également intervenir dans la gestion du service de distribution de l’eau potable au niveau d’environ 80 centres ruraux.

5 grands projets urbains pour renforcer l’accès
en eau potable des centres urbains

Parmi les grands projets urbains, l’ONEE en compte 5 qui viendront renforcer l’alimentation en eau potable de Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, Meknès, Agadir ainsi que quelques villes situées sur le plateau des phosphates, dans la région de Khouribga, Kasba-Tadla ou encore Boujaâd, le tout pour la somme de 9,8 milliards de DH. Les différentes mises en service se feront dans la période 2015-2016. Ces grands projets urbains assureront un approvisionnement en eau potable de ces zones urbaines jusqu’à l’horizon 2025-2030, selon la croissance démographique calculée.

La zone côtière Salé-Casablanca, qui regroupe une population de 6 millions d’habitants, se verra dotée d’une station de pompage d’eau brute prélevant les eaux du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, d’une station de traitement d’une capacité de 430 000m3/j et d’une adduction sur un linéaire de 90 km acheminant l’eau depuis la station de traitement implantée à proximité de Rabat jusqu’aux différentes installations de distribution d’eau potable. Le tout nécessitera un investissement de 2,5 milliards de DH. La zone de Marrakech, et les installations OCP de la région, totalisant 2 millions d’habitants, se verront à moyen terme alimentés en eau potable depuis le barrage Massira. Pour 3 milliards de DH, une prise d’eau potable, une unité de débourbage, une station de traitement de 220 000m3/j, quatre stations de pompage et un linéaire de 100 km seront réalisés. Les travaux doivent débuter l’année prochaine.

Par ailleurs, 1,7 milliard de DH seront investis pour renforcer l’alimentation en eau potable des villes de Fès et Meknès à partir du barrage Driss Ier. La première tranche du projet est déjà finalisée, la deuxième devrait démarrer l’année prochaine. La région «Maroc central», comprenant notamment les villes de Khouribga, Kasba-Tadla, Fqih Bensalah, Oued Zem, Boujaâd et quelques installations de l’OCP, soit une population totale de 1,3 million d’habitants, se verra à terme alimentée à partir du complexe des barrages Ahmed El Hansali–Aït Messaoud grâce à un projet qui nécessitera un budget total de 1,4 milliard de DH. La première tranche est actuellement en cours d’achèvement, et la deuxième démarrera en 2014.

Enfin, Agadir et sa région seront alimentées, d’ici 2016 si tout va bien, par la plus grande station de dessalement du Maroc. Celle-ci coûtera à l’office 1,2 milliard de DH. L’adjudication de ce projet, et sa concession pour 20 ans, n’est toujours pas connue. Le dessalement d’eau de mer et la déminéralisation des eaux saumâtres sont une des options privilégiées par l’office pour atteindre ses objectifs. Outre Agadir, cinq autres projets seront déployés avec cette technologie.