Ona réajuste son mode de gouvernance… et temporise pour Wana

La nouvelle organisation vise à  mieux responsabiliser et contrôler les dirigeants Quatre directions centrales et trois comités de gestion ont été mis en place Le business plan de Wana retardé de six mois ou plus.

Trois mois après sa nomination à la tête du holding royal, Moatassim Belghazi a rendu publique sa première action : la refonte du mode de gouvernance d’Ona et de son organisation. Objectif : établir des mécanismes de responsabilisation et de contrôle des instances de gouvernement du groupe (mandataires sociaux, conseils d’administrations, comités spécialisés…).

Responsabilité et contrôle ressortent comme les deux principes majeurs de la nouvelle formule de gouvernance qui vise également à mieux préciser le rôle et les missions du holding ainsi que son interaction avec ses filiales. Ainsi, le rôle du holding, comme l’indique son management, est d’«assurer le pilotage stratégique et financier du groupe ainsi que de promouvoir et accompagner le développement des filiales». Pour ce faire, quatre directions centrales et trois comités de gestion ont été mis en place.

La direction «finance et ressources», confiée à Hassan Ouriagli – promu, par ailleurs, DGA du groupe – assurera le suivi de la performance économique des participations, la planification budgétaire, le financement, l’ingénierie financière et la gestion des ressources humaines. «Le groupe se lance dans de nouveaux métiers très consommateurs en capital humain et financier, notamment les télécoms, l’immobilier et l’énergie. Il se doit donc d’optimiser ses ressources pour faire face à ses importants besoins», explique le DGA.

Le DGA, interface opérationnelle entre holding et filiales
La direction «support et développement des métiers» s’occupera, elle, de mettre en place une stratégie de croissance pour le groupe, aussi bien sur le plan national qu’international. L’étude des opportunités (projets organiques, acquisitions…) ainsi que la gestion des partenariats et des synergies sont également dans les attributions de ce département.
Pour contrôler le tout, la direction «gestion globale des risques» se chargera de l’audit interne, de l’inspection et du suivi du QSE (qualité, sécurité et environnement). Elle couvrira également les affaires juridiques.

Enfin, et c’est là une nouveauté dans l’organisation d’Ona, une direction «études et veille stratégique» a été mise en place pour contribuer à l’élaboration, au suivi et au réajustement des orientations de la stratégie générale (analyses stratégiques, études sectorielles, veille technologique et concurrentielle…).

Pour compléter ce dispositif, ont été mis en place un comité groupe, rassemblant tous les directeurs du holding et des filiales pour effectuer le suivi des réalisations et la concertation sur les sujets transversaux, un comité holding, constitué des directeurs du holding pour statuer sur les grands dossiers et préparer les échéances importantes, et enfin un comité de direction pour suivre les dossiers courants. Fait important, la création d’un poste de DGA permettra de créer une interface opérationnelle entre le holding et les filiales.

Les détails de la troisième licence GSM pour septembre
L’autre dossier sur lequel le nouveau PDG de l’Ona devait se pencher après sa nomination – celui-là même qui a été à la base d’un changement de présidence d’Ona – est l’élaboration du nouveau business-plan de la filiale télécoms Wana. L’on se rappelle que le conseil d’administration du groupe, tenu le 11 avril, avait, en même temps qu’il démettait de ses fonctions de président Saâd Bendidi et nommait Mouatassim Belghazi, donné à ce dernier trois mois pour établir ledit business-plan.

Les choses n’auront finalement pas été aussi simples. Il faudra vraisemblablement 6 mois supplémentaires pour y parvenir. Et pour cause : l’annonce, par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), du lancement d’un appel d’offres pour l’attribution d’une troisième licence GSM.

«Cet événement change complètement la donne au niveau du secteur et de l’activité de Wana. Quelle que soit l’issue de cet appel d’offres, nous devons revoir notre copie, au même titre que ce que feront les autres opérateurs», précise M. Ouriagli. Il faut dire, à la décharge du management d’Ona, que l’ANRT n’a pas encore communiqué les détails du cahier des charges de cette licence ni ses modalités d’attribution et toutes les hypothèses auront un impact sur le business-plan de Wana.

«Si nous décidons de soumissionner et que nous décrochons la licence, cela nécessitera des investissements importants qui modifieront sensiblement le plan d’affaires de Wana. Si par contre nous ne soumissionnons pas ou si nous n’obtenons pas la licence, cela veut dire qu’un nouvel opérateur entrera dans le secteur et nous devons par conséquent revoir nos objectifs d’activité et de parts de marché», scénarise le DGA du groupe.

A cet effet, et afin d’intégrer également les résultats du lancement en juin dernier de l’offre de mobilité totale 3G et de tenir compte des détails relatifs à la 3e licence 2G, prévus pour septembre, le nouveau business-plan de Wana ne sera finalisé qu’au cours du premier trimestre 2009.