Olives : récolte record pour la campagne 2015-2016

La production d’olives a augmenté de 85% depuis la mise en place du Plan Maroc Vert. 138 000 tonnes d’huile sont sorties des unités de trituration. Le prix de vente s’est stabilisé autour de 40 à 45 DH le litre sur le marché local.

Récolte record d’olives pour cette campagne 2015-2016! Quelque 1,42 million de tonnes ont été cueillies à partir de novembre, en augmentation de 85% par rapport à 2009, au lancement du Plan Maroc Vert. «Cette amélioration de la production est une retombée des mesures du Plan Maroc Vert, notamment l’extension des superficies plantées. L’objectif à l’horizon 2020 est d’atteindre 1 220 000 ha contre 773000 en 2009. Nous sommes sur la bonne voie puisqu’en 2016 nous avons déjà un million d’hectares plantés. La production d’olives devrait se situer en 2020 à 2 500 000 tonnes», explique Ahmed Khannoufi, directeur de la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive). La prochaine campagne devrait rester sur cette tendance haussière puisque les nouvelles plantations commenceront à donner des fruits. Les principales régions productrices sont Meknès-Fès (33%) et Marrakech-Safi (20%). Viennent ensuite l’Oriental, Khénifra-Béni-Mellal et Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec respectivement 13%, 12% et 10%.

Corrélativement à la bonne récolte, la production d’huile d’olive s’est redressée pour atteindre 138 000 tonnes. Ce qui permet de répondre largement aux besoins du marché local qui enregistre une consommation moyenne de 2,5 litres par habitant. Elle croît régulièrement en raison des changements des habitudes alimentaires. «Aujourd’hui, le consommateur demande de plus en plus d’huile d’olive dans un souci de santé et d’hygiène», relève M. Khannoufi. Il annonce que «pour soutenir la consommation d’huile d’olive, la fédération va signer dans les jours qui viennent une convention avec le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime en vue de mettre en place un programme de promotion d’un produit de qualité sur une durée de trois ans». Une campagne de communication est programmée pour l’année en cours. L’objectif est de sensibiliser les consommateurs à une production de qualité adaptée à des normes internationales, notamment au niveau de l’hygiène et du process industriel de trituration. Ce qui permettra, poursuit le DG d’Interprolive, d’établir une relation de confiance avec le consommateur.

La baisse de la production espagnole favorise les exportations marocaines

Il reste que pour un pays producteur, l’huile d’olive est encore relativement chère au regard du pouvoir d’achat. D’aucuns disent même que les prix sont actuellement élevés, alors que l’année est bonne. M. Khannoufi n’est pas du tout du même avis. Il souligne que le prix du litre s’est stabilisé autour de 40 à 45 DH, selon les régions, grâce à l’augmentation de la production.

En réalité, comme pour d’autres produits agricoles, le marché domestique est en concurrence avec les marchés étrangers. Les opérateurs cherchent souvent à maximiser leurs recettes en commercialisant leur production là où les prix sont plus rémunérateurs. D’où une offre locale parfois insuffisante si les exportations s’avèrent plus intéressantes. Justement, le Maroc compte bien les développer tout en couvrant ses besoins. Pour le moment, il exporte annuellement 36 000 tonnes d’huile d’olive, un volume encore bien en deçà des 120 000 tonnes visées par le PMV.

Les professionnels sont malgré tout confiants car le potentiel de production est très important. Pour augmenter l’offre exportable par l’amélioration de la qualité, la fédération planche actuellement sur des projets qui seront soumis au ministère de l’agriculture. Ces projets ont trait à une meilleure organisation de la cueillette des olives, du transport, des conditions de trituration qui doit intervenir au plus tard 48 heures après la cueillette, du conditionnement et de l’entreposage.

Destinée principalement à l’Union Européenne et aux Etats-Unis, l’huile d’olive marocaine devrait, grâce à ces projets, s’ouvrir de nouveaux débouchés tels que l’Afrique et les pays arabes. Pour 2016, les statistiques ne sont pas encore finalisées mais il semblerait que les exportations sont en hausse en raison de l’augmentation (4%) de la demande sur le marché international et de la mauvaise récolte en Espagne.