Nouvel ouvrage sur le secteur informel au Maroc

Son auteur, Rajaa Mejjati Alami, capitalise sur les recherches qu’elle a menées pendant une vingtaine d’années pour mettre à  nu les tenants et les aboutissants du secteur tout en proposant des pistes pour mieux le réguler.

Le poids de l’informel et son impact sur l’économie nationale est-il important ? Quand cette question est posée aux opérateurs structurés, la réponse est naturellement «oui». Mais du côté des analystes et chercheurs, la réponse à une telle question nécessite avant tout une étude approfondie du phénomène. C’est l’exercice auquel s’est pliée Rajaa Mejjati Alami, chercheur indépendante et docteur en économie du développement, qui vient de publier son dernier ouvrage, Le secteur informel au Maroc, aux éditions Presses Economiques du Maroc. L’idée de ce travail découle de la constatation que ces dernières années, l’économie marocaine a développé considérablement le champ des activités informelles. L’ouvrage propose ainsi une analyse de la dynamique du secteur et tente d’expliquer la persistance ainsi que le développement de ses structures. Logiquement, le livre part du principe que les enjeux du secteur informel sont importants, d’où le débat qui entoure le sujet sur la scéne politique, économique et publique. L’ouvrage, qui constitue une synthèse d’un travail réalisé pendant une vingtaine d’années, démontre ainsi que le secteur informel a réellement connu un développement important, tout en restant lié à son cadre macroéconomique. Appréhendant le secteur en tant que dynamique induite par le mode de développement, le livre analyse les déterminants structurels de l’expansion de l’informel et l’impact sur l’informatisation du marché du travail officiel. Car, et c’est un fait, l’informel est bel et bien une composante majeure à prendre en considération lorsqu’il s’agit d’analyser les évolutions, passées ou futures, du marché de l’emploi. Pour ce faire donc, l’auteur revient sur les dynamiques endogènes et les formes organisationnelles présentes dans le secteur, en mettant l’accent sur les capacités de l’informel à constituer une alternative à l’emploi formel. Tout ceci est traité en faisant le point sur la relation institutionnelle entre le secteur et l’Etat qui est censé mettre en place des politiques publiques pour résoudre le problème. A la lumière de l’analyse menée, l’auteure propose un renouvellement des paradigmes traditionnels du développement et s’interroge sur les capacités des seuls outils de l’analyse économique à appréhender un phénomène de cette ampleur.