«Nous envisageons de consolider nos relations avec l’Afrique subsaharienne»

Malgré la concurrence sur le segment Affaires, l’hôtel garde un bon positionnement. Renforcement des équipes commerciales et acquisition davantage de grands comptes au Maroc et en Afrique subsaharienne pour développer l’activité. L’hôtel veut réduire sa consommation d’énergie et d’eau de 25% d’ici 2020.

Laurent Ebzant DG du Hyatt Casablanca
Laurent Ebzant
DG du Hyatt Casablanca

Vous avez été nommé DG du Hyatt Regency Casablanca en avril 2016. Comment se porte l’activité de l’hôtel compte tenu de la concurrence grandissante dans la ville ?

L’hôtel est sous l’enseigne Hyatt Regency depuis 1984. Il a joui d’une situation de quasi-monopole jusqu’à l’arrivée du Sheraton. L’offre en hôtellerie 5* a continué à s’étoffer à Casablanca avec l’arrivée du Golden Tulip, du Kenzi Tower, du Sofitel en 2012, du Four Seasons en 2015 et du Mogador récemment. La tendance se poursuivra vu les projets en cours. Pour faire face à cette concurrence, nous avons renforcé notre équipe commerciale durant les trois dernières années. La consolidation de nos parts de marché passe aussi par l’organisation d’événements, sachant qu’une grande partie de notre chiffre d’affaires provient des banquets et séminaires. A ce titre, quasiment tous les séminaires de la pré-Cop 22 ont eu lieu au Hyatt Regency Casablanca. Le marché de l’hôtellerie de luxe a certes changé mais notre avantage compétitif est de pouvoir organiser des évènements de grande ampleur. A titre d’exemple, la semaine dernière, nous avons servi entre 1 000 et 1 200 couverts/jour entre le déjeuner et le dîner. Nous avons bâti notre réputation sur la très grande qualité de nos effectifs et sommes particulièrement fiers de dire que nous avons le turn-over le plus faible de la place.

Le tourisme d’affaires représente toujours 85% de votre chiffre d’affaires. Comment se porte ce segment ? Qu’en est-il du tourisme de loisirs ?

Dans le tourisme d’affaires, si l’on inclut les conventions, le Hyatt est incontournable. A mon arrivée, nous avons eu une période très calme liée au Ramadan suivi des 2 mois d’été et d’Aid Al Adha. Le marché loisirs s’est tourné vers des destinations telles que Marrakech, Agadir et Tanger. L’activité affaires n’a réellement repris que durant la deuxième moitié du mois de septembre. Du 19 au 30 septembre, l’hôtel a affiché un taux d’occupation record, sachant que le taux d’occupation sur le marché casablancais oscille entre 60 et 65% dans l’année. Généralement, du lundi au jeudi, le marché affiche des taux de remplissage situés entre 80 et 85% grâce au tourisme d’affaires. Durant le week-end, ceux-ci tombent autour de 30 et 40%. La clientèle du Golfe persique est importante. Les Américains continuent aussi à privilégier l’hôtel de par nos racines pour leurs déplacements à Casablanca.

Nous avons remarqué de nouveaux aménagements effectués dans l’hôtel. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous sommes en train de réaliser des travaux d’embellissement à l’entrée principale de l’hôtel. Ce qui permettra de redynamiser l’image du Hyatt. Une boutique de marque de luxe devrait ouvrir prochainement. Elle profitera ainsi d’un achalandage de 100 000 à 120 000 personnes/an.

Quelle est votre stratégie sur les années à venir ?

Depuis septembre, la stratégie du Hyatt vise l’acquisition et le développement des comptes Corporate. Outre la prospection des nouveaux grands comptes marocains, nous envisageons  de consolider nos relations avec l’Afrique subsaharienne. Déjà, le Hyatt a tissé des liens avec les ambassades de pays africains à Rabat. Nous avons logé deux chefs d’Etat en 2016 dont un issu d’Afrique subsaharienne. Dans ce cadre, j’envisage un déplacement en Afrique de l’Ouest dès 2017, partie du monde qui m’est particulièrement chère ayant exercé 3 ans au Ghana.

L’hôtel Hyatt Place à Taghazout fait également partie du groupe. Comment se porte son activité ?

C’est un hôtel 4*dont l’activité est majoritairement tournée vers le loisir. Il a réalisé un excellent été grâce notamment à la clientèle des MRE. Pendant l’année, l’hôtel met en avant la vocation d’Agadir et ses 300 jours de soleil avec la présence d’activités centrées autour du golf. Contrairement au Hyatt Regency Casablanca, le Hyatt Place Taghazout affiche des taux d’occupation élevés pendant les week-ends (vendredi, samedi et dimanche).

Cop 22 oblige, vous avez adopté des gestes écolos pour réduire votre facture énergétique et votre impact sur l’environnement. Pouvez-vous nous en dire plus ?

L’hôtel s’inscrit dans l’objectif global fixé par le groupe Hyatt en 2006 de réduire d’içi 2020 notre consommation d’énergie de 25% et notre consommation d’eau/m2 du même pourcentage. Cela passe par de nouvelles habitudes mais aussi par des investissements plus lourds tels que les équipements comme les pompes synchronisés, les détecteurs de mouvements et les économiseurs d’eau. Par ailleurs, l’hôtel est doté de 23 000 ampoules qui seront toutes de type LED début 2017.

Pour ce qui est de nos initiatives à réduire notre empreinte carbone, nous privilégions au maximum les produits de proximité et sommes fiers de mettre à l’honneur les produits locaux dont la qualité ne cesse de s’améliorer.