Motivation, budget, durée de séjour… Les touristes du Maroc passés au scanner

Le climat et la culture sont les motifs poussant au choix du Maroc dans les principaux pays émetteurs qui présentent de nombreuses similitudes. L’internet est devenu le principal canal d’achat de voyages.

Quand le tourisme va mal, les professionnels ont l’habitude de pointer du doigt l’organisme de promotion qu’est l’Office national marocain du tourisme (ONMT). On lui reproche de ne pas avoir une bonne politique de promotion, de ne pas s’intéresser à certains marchés émergents et de continuer à concentrer les efforts promotionnels sur les marchés traditionnels dont beaucoup vivent aujourd’hui une crise économique aiguë qui frappe de plein fouet les ménages et donc l’activité du voyage. Pourtant, l’office fait ce qu’il peut avec les moyens limités dont il dispose, c’est-à-dire un budget annuel qui tourne autour de 500 MDH, qui est loin d’égaler celui de certaines destinations concurrentes, notamment celles du pourtour méditerranéen. Parmi ses missions principales et en amont des campagnes de promotions menées dans les marchés émetteurs, il y a la veille qui consiste à prendre le pouls de ces marchés en initiant des études et des enquêtes pour mieux cerner les habitudes des touristes et les nouvelles tendances qui caractérisent ces marchés afin de répondre à leurs attentes. Les responsables de l’office, même s’ils prêtent souvent le flanc aux critiques des professionnels, ne s’en plaignent pas moins du manque de réactivité de ces derniers et leur attentisme face aux évolutions des comportements et des habitudes de voyages, et aux profondes transformations des réseaux de distribution nés du développement de l’internet, des nouvelles technologies d’une manière générale.

Pour les aider à être plus offensifs, l’office vient de leur passer un message discret en leur remettant les résultats d’une enquête réalisée dans les marchés émetteurs par le ministère du tourisme. Pour chaque marché, il a été mis en évidence la situation économique globale à travers les indicateurs classiques (PIB, taux de croissance et de chômage, revenu moyen…) et des indicateurs précis relatifs à l’activité des voyages dans ces pays, entre autres le nombre de voyages à l’étranger, la durée moyenne de séjour et la dépense moyenne par séjour. L’enquête fournit des informations sur les particularités de chaque marché à travers un descriptif du comportement des touristes pour organiser leurs voyages, c’est-à-dire les canaux utilisés pour la recherche de la destination idéale à travers les supports internet (sites des TO et des agences de voyages, des hôtels, des compagnies aériennes, des comparateurs, etc.) et, au final, le choix entre la composition de son propre voyage et le package TO avec un zoom sur le comportement des touristes pendant leurs voyages au Maroc, leurs préférences et leur motivations. Les professionnels, et particulièrement les hôteliers et voyagistes, disposent grâce à cet outil de la liste des TO qui opèrent dans chaque pays, leurs parts de marché, l’offre aérienne vers le Maroc, les périodes de vacances, et des conseils pratiques pour mener à bien leurs prospections.

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Les marchés traditionnels (France, Royaume-Uni, Allemagne…), tout en étant particuliers, présentent de nombreuses similitudes. L’Espagne fait figure de marché à part : elle génère beaucoup d’arrivées mais peu de nuitées. C’est à la fois un marché émetteur et un marché concurrent. L’étude montre aussi qu’il y a des gisements de touristes très prometteurs que le Maroc peut exploiter dans certains marchés émergents. Pour atteindre les 20 millions de touristes en 2020, les marchés émetteurs traditionnels ne suffiront pas.