Moins d’oranges et de mandarines cette année

La production baisse de 14%, les exportations suivent la tendance avec -12%
prévus.
En cause : sécheresse, alternance végétative et superficies
non exploitées.

La campagne agrumicole 2007-2008 sera moins bonne que la précédente. La Commission nationale de prévision des récoltes prévoit une production de 1,11 million de tonnes, en baisse de 14%. Les exportations devraient passer de 581 400 à 515 000 t, soit un recul de 12%. Cette évolution s’explique en partie par le déficit hydrique résultant de la baisse des stocks des barrages et nappes phréatiques, principalement dans certaines régions comme le Souss, conséquence de la sécheresse de l’année dernière. S’y ajoutent le phénomène d’alternance végétative plus accentué sur certaines variétés (nour) et la non-exploitation des vergers Sodea Sogeta. Les professionnels espèrent que leur reprise par le privé relancera la production. La baisse concerne, selon Ahmed Derrab, secrétaire général de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam), surtout les petits fruits dont la production prévue est de 425 000 au lieu de 535 000 t, avec des exportations qui reculeront de 18%, à 260 000 t. Pour les oranges, on ne vendra à l’étranger que 253 000 t au lieu de 265 000 en 2006-2007, tandis que la production prévue baisserait de 9% (660 000 t contre 720 000).

Les prix seront probablement tirés vers le haut par une baisse prévue de la production chez les concurrents comme l’Espagne (-25%) et par un euro fort. En revanche, la dépréciation du dollar risque de peser sur les recettes, notamment sur le marché américain, même si le Canada est en constante progression avec un total de 55 500 t en 2006-2007, dont 26 000 t pour les clémentines.

Le plan de relance est ficelé
L’Union européenne, client traditionnel du Maroc, est pour sa part en baisse depuis 4 à 5 ans. De 54%, il y a trois ans, sa part chutera à 34% cette année avec perte de plusieurs marchés. Ce recul est compensé en partie par les pays de l’Est de l’Europe, principalement la Russie dont la part progresse régulièrement (37% il y a 3 ans, 53% cette année).

Signalons qu’en 2006 un recensement général agrumicole a été lancé. L’objectif était d’évaluer la situation du verger agrumicole marocain (âge, variétés, techniques, encadrement, etc.) et ses faiblesses afin d’établir un plan de relance. Le projet concernera probablement la période 2008-2012. Les détails seront annoncés dans les semaines qui viennent.