Moins de logements produits : 66 200 unités achevées au premier semestre

Seul le logement social affiche une hausse : +48%, avec beaucoup d’auto-constructions. Moins de 1 000 logements à  140 000 DH construits, en chute de 94%. Le volume d’appartements de moyen et haut standing recule de 35%, à  6 700 unités.

Depuis que les équipes du ministère de l’habitat se sont fixé comme objectif de réduire le déficit en logements de plus de la moitié d’ici 2016, pour le faire passer de 840 000 unités actuellement à 400 000 unités, la production de logements revêt une importance toute particulière. La question centrale est bien évidemment de savoir si la cadence affichée actuellement permettra d’atteindre l’objectif fixé par la tutelle, ce sur quoi on peut se faire une idée en examinant les statistiques de la production de logements obtenues en exclusivité par La Vie éco.

Il en ressort que sur le premier semestre 2012, la production d’habitats, tous types confondus, a atteint près de 66 200 unités, en légère baisse de 1,3% par rapport à la même période de l’année passée. Pour apprécier ce chiffre, rappelons que l’Habitat table sur la construction de 170 000 logements annuellement pour parvenir à son objectif de réduction du déficit en logements. De fait, si le marché de l’immobilier maintient au deuxième semestre la même cadence que celle affichée sur la première moitié de l’année, l’on peut dire qu’il pourrait terminer 2012 avec un écart négatif de plus de 37 000 logements par rapport à l’objectif de l’Habitat.

Mais il ne s’agit là que d’une analyse globale qui gagne à être affinée par segment. Car l’on se doute bien que l’Habitat attend de certains segments plus que d’autres afin de répondre à un besoin qui ne se répartit pas équitablement entre les différentes catégories de logements. Sous cet angle, certains segments affichent actuellement une cadence préoccupante, à commencer par le logement à 140 000 DH (faible VIT). Moins de 1 000 unités de ce genre ont été produites au premier semestre de l’année, en baisse de 94% par rapport à la même période de l’année passée. Ceci alors que la tutelle table sur une cadence annuelle de 9 000 logements à faible VIT, tout juste ce qu’il faut pour faire profiter 170 000 familles du programme Ville sans bidonvilles sur les 4 prochaines années. 

1 370 villas sur le marché

Mais pour important qu’il soit, le retard pris sur la production de logements à faible VIT peut s’expliquer par le fait que ce dispositif est actuellement en phase de transition. En effet, ces derniers mois, l’aménageur public Al Omrane qui est chargé de la mise en œuvre de ce type d’unités a mis en application une nouvelle formule de partenariat avec les promoteurs privés, qui sont l’autre partie prenante majeure de ce programme. L’aménageur public concrétise aussi progressivement plusieurs mesures introduites dans la Loi de finances 2012 en faveur du logement à faible VIT (suppression de la limite de hauteur à R+3, élargissement de la base de bénéficiaires…) tout en déclinant une nouvelle politique de libéralisation de la commercialisation de ces unités. Autant de mesures qui, une fois pleinement mises en œuvre, devraient probablement accélérer la production de logements à 140 000 DH.

L’autre segment dont les réalisations paraissent actuellement en dessous des attentes est celui des appartements en immeubles moyen et haut standing. La production de ce type d’unités au premier semestre ne dépasse pas les 6 700 unités, en baisse marquée de plus de 35% par rapport à la même période de l’année passée. Que le haut standing affiche une telle méforme (quoique la production de villas a augmenté de 27%, à 1 371 unités au premier semestre 2012) inquiète bien évidemment moins la tutelle que la mauvaise santé du moyen standing. Ce dernier doit en effet afficher une cadence annuelle de 20 000 unités selon les plans du ministère, ce dont on est encore loin. On devine aisément l’importance que devrait revêtir le futur dispositif pour la classe moyenne prévu par la Loi de finances 2013, qui ne devrait toutefois commencer à porter ses fruits que d’ici deux ans, à supposer encore que les promoteurs y adhèrent en masse, ce qui est loin d’être acquis actuellement.      

En revanche, la tutelle peut se montrer sereine quant à la cadence des opérations économiques et sociales. Celles-ci affichent en effet une hausse de plus de 48% au premier semestre avec un total de 56 620 unités produites sur la période, ce qui est en ligne avec les attentes du ministère qui table sur une cadence annuelle de 80 000 unités sociales. Il faut néanmoins préciser que l’auto-construction a généré près de la moitié de cette production, soit 42% des unités produites au premier semestre.