Mohamed Lasry : la deuxième tranche de Casanearshore déjà  entièrement réservée

Tata, BNP, GFI, Dell, Ubisoft…,
de grandes signatures ont loué les
57 000 m2 de la première tranche.
Les 87 000 m2 de la tranche à  venir seront livrés à  partir de mars 2009.
La surface par entreprise passe de 1 000 à  3 500 m2.
Il s’écoule de 6 à  12 mois entre la décision d’installation et l’occupation
effective des locaux.

La Vie éco : Atos Origin vient de signer une convention avec le gouvernement. Quelle est la portée de cette convention ?
Mohamed Lasry : Atos Origin a été parmi les toutes premières multinationales à  montrer un intérêt particulier pour la destination Maroc et pour Casanearshore. A cet effet, Atos à  d’ores et déjà  réservé un bâtiment complet sur notre site pour accompagner sa croissance. Les conventions signées avec le gouvernement marocain assurent aux entreprises signataires leur éligibilité à  la circulaire régissant l’offre offshore marocaine et ceci avant même qu’ils n’intègrent un parc dédié (Casanearshore ou Rabat Technopolis). C’est le cas également de Cap Gemini, Nestlé, Steria…

Casanearshore a commencé la livraison des locaux il y a trois mois. A ce jour, quelles sont les grandes signatures qui s’y sont installées ?
La présence de grands groupes spécialisés de diverses origines (Europe, Inde, USA) confirme la pertinence de l’offre Maroc, lui assurant une visibilité internationale et faisant du pays la destination privilégiée pour les entreprises qui cherchent des opportunités de croissance et de développement. Parmi les signatures d’entreprises internationales, nous pouvons citer : le groupe Tata Consulting services, BNP Paribas, GFI Informatique, Dell, Ubisoft, Logica CMG, SQLI, Bull…

La première tranche de Casanearshore est entièrement réservée. Combien d’entreprises sont concernées ? A quand la deuxième tranche ?
A ce jour, les 57 000 m2 disponibles de la première tranche ont été entièrement loués : 32 clients ont fait le choix de s’installer dans le premier pôle nearshore du Maroc. La commercialisation des 87 000 m2 de la deuxième tranche, quant à  elle, est un franc succès : les réservations fermes ont dépassé 100% de la surface totale à  louer. Ils seront livrés à  partir de mars 2009.
Il est intéressant de noter que les ratios de superficie par entreprise sont passés d’environ 1000 m2, soit une centaine de positions par entreprise pour la première tranche, à  3 500 m2 environ pour la deuxième tranche. Ceci démontre clairement la crédibilité et la pertinence de nos infrastructures et de l’offre pays.

Concrètement, combien de temps s’écoule-t-il entre la signature d’un contrat et l’installation effective ? Quels sont les facteurs générateurs de délais ?
Sur cet aspect-là , je dirais que cela dépend de la stratégie de l’entreprise elle-même, de ses besoins à  court et moyen termes, ainsi que de la disponibilité des surfaces répondant aux besoins précités. En général, ces délais varient entre 6 et 12 mois.

O๠se situe le potentiel de l’offshoring marocain : les services informatiques, les services bancaires, le télétraitement de données ou encore l’assistance à  distance (call centers) ?
Le Maroc se positionne dans le marché du nearshore francophone, puis hispanophone dans un deuxième temps. Les principaux critères de ciblage ayant servi au choix des filières sont l’importance de la langue, le niveau de complexité des processus, l’abondance des ressources humaines qualifiées et la proximité géographique. Partant de ce choix, trois filières présentent pour nous un potentiel intéressant. La filière «banque et assurance», avec notamment la gestion des moyens de paiement, la gestion des contrats et celle des sinistres ; la filière «administrative» qui vise le traitement délocalisé de la comptabilité-finance, les services clientèle, bien au-delà  du call-center, ou encore les prestations de GRH, comme la gestion de la paie et l’administration du personnel. Bien entendu, à  ces deux filières, il faut en ajouter une troisième, très importante, liée à  l’informatique. Elle englobe la gestion d’applications ou d’infrastructures ainsi que le développement-maintenance informatique.

D’ici le mois de juillet, le technopolis de Rabat ouvre ses portes également. Quelles sont les différences entre les deux sites??
L’aventure de l’offshoring est très jeune au Maroc : deux ans à  peine. Mais c’est une opportunité que le gouvernement marocain a su saisir et développer rapidement parmi toutes celles offertes par le plan Emergence. C’est pour cela que la constitution d’un réseau de parcs technologiques et offshore a été entamée. En tête de file vient le Casablanca Nearshore Park, le premier pôle offshore du Maroc : plus de 300 000 m2 de bureaux et de services, au sein d’un parc boisé de 53 hectares, aux portes de Casablanca. C’est un parc d’activités tertiaires dédié aux sociétés spécialisées dans l’offshoring.
Deuxième maillon de la chaà®ne : Rabat Technopolis, véritable cité de la technologie dédiée à  la création, l’incubation et la promotion de projets innovants et à  fort potentiel. Rabat Technopolis concentre en outre de nombreux équipements et infrastructures de dernière génération : pôle R&D, universités, centres de développement technologique… La différence entre ces deux parcs réside en somme dans la dimension multipolaire de Rabat Technopolis. D’autres parcs, inspirés du modèle du Casablanca Nearshore Park, verront le jour dans les années à  venir, notamment à  Fès et à  Marrakech.

Quels sont les facteurs de compétitivité du Maroc : salaires, qualité des profils, coût des facteurs de production ?
Le Maroc dispose déjà  d’atouts indéniables, à  savoir sa population jeune et motivée, une libéralisation soutenue, de bonnes infrastructures, en plus d’une proximité géographique avec l’Europe.
A ces éléments «naturels», l’offre offshore Maroc intègre d’autres aspects essentiels dans la chaà®ne de valeur, notamment un plan de formation pointu et ciblé aux métiers/filières adressés, un plan d’incitation fiscale et d’aide à  la formation assez agressif et des infrastructures aux normes internationales et aux standards requis par ce genre d’industrie. Je pense principalement au concept de nos parcs intégrés et dédiés (locaux prêts à  l’emploi, services annexes) ainsi qu’aux infrastructures télécoms de dernière génération.

Si vous aviez trois arguments à  donner à  une entreprise étrangère cherchant à  installer une partie de son activité au Maroc, quels seraient-ils ?
Au risque de me répéter, je dirais : une stratégie gouvernementale pertinente, précise et innovante ; une population jeune et qualifiée ; des infrastructures et une fiscalité répondant parfaitement aux métiers ciblés. L’opportunité de la destination Maroc est bel et bien là  et c’est le moment de la saisir et de se positionner.