Mohamed El Kettani rassure sur Attijari Bank Tunisie : les prêts n’ont pas été donnés sans garantie

Le crédit accordé à  la famille de Ben Ali pour l’acquisition de Tunisiana est assorti d’un nantissement des créances. Des provisions de 190 MDH constituées dans les comptes consolidés pour prévenir les risques potentiels.

Attijari Bank Tunisie (ABT) va bien, elle n’est exposée à aucune dégradation des risques de contrepartie liés aux entreprises de la famille et des proches de Ben Ali «compte tenu de sa gestion rigoureuse». C’est en résumé ce qui se dégage des explications livrées, lundi 28 février, par Mohamed El Kettani, président du groupe Attijariwafa bank, sur la situation financière de cette filiale qui, comme la plupart des banques de ce pays, est une victime collatérale des évènements politiques qui secouent la Tunisie. Dans l’absolu, le montant des prêts accordés à 4 groupes et à leurs 22 sociétés qui est de 319 millions de dinars tunisiens (1,861 milliard de DH au cours de 1 DT pour 5,8338 DH), dont 200 millions (1,167 milliard de DH) pour le financement de l’acquisition de 25% de Tunisiana, 2e opérateur de télécommunications dans ce pays, est important mais il ne représente que 11,6% du total des engagements, contrairement à ce qui a été écrit ici et là. Selon M. El Kettani, les créances sur ces sociétés sont tout à fait saines. De plus, la banque bénéficie de nantissement des actions de l’opérateur téléphonique à hauteur du montant de l’engagement, sans compter que l’actionnaire majoritaire, Qatar Telecom, est financièrement très solide.

Des difficultés en Côte d’Ivoire également

Au titre de l’exercice 2010, la banque n’avait d’ailleurs pas jugé nécessaire de provisionner ces créances.  Elle a ainsi réalisé un bénéfice net de 343 MDH, en hausse de 24% par rapport à l’exercice précédent. ABT contribue même à hauteur de 4%  (plus que les autres filiales continentales) aux résultats consolidés du groupe qui s’est établi à 4,1 milliards de DH en 2010. Néanmoins, pour se prémunir contre les mauvaises surprises, suite aux événements postérieurs à la clôture de l’exercice 2010, le groupe a constitué des provisions de 190 MDH dans ses comptes consolidés.
La même démarche est d’ailleurs appliquée pour la Société ivoirienne de banque (SIB) dont les activités sont mises en veilleuse eu égard aux difficultés que vit également la Côte d’Ivoire. Une provision de 135 MDH a été inscrite dans les comptes consolidés. Néanmoins, ces difficultés passagères ne remettent pas en question la stratégie de croissance externe du groupe au niveau continental. Elle sera d’ailleurs confortée, assure M. El Kettani. C’est dans cet esprit que le groupe va s’implanter au Burkina Faso, via sa filiale sénégalaise CBAO, et en Guinée Equatoriale.