Mesures de soutien : ce que les professionnels du tourisme demandent au gouvernement

Elles portent en grande partie sur des facilités de financement du fonds de roulement et des investissements.
L’exonération totale des charges sociales au prorata du chiffre d’affaires à  l’export est également demandée.

Les professionnels du tourisme maintiennent la pression sur le gouvernement. Ils veulent que celui-ci adopte des mesures de soutien en faveur du secteur, en complément à celles déjà prises dans le cadre du plan Cap 2009, dont l’effet se fait encore attendre, à les en croire. A cet égard, la Fédération nationale du tourisme (FNT) a soumis au  ministère de tutelle une série de mesures en plusieurs volets (financier, commercial, réglementaire…), qui devraient servir de base à la conception d’un plan national anti-crise pour le secteur (voir cet article).
Sur le plan financier, la FNT propose la mise en place d’un mécanisme de garantie du financement des besoins des entreprises en fonds de roulement par le biais de la Caisse centrale de garantie (CCG) avec une quotité de 65 % et un plafond d’engagement de 9 MDH. Il est aussi demandé que la commission de garantie soit ramenée à 0,5 % au lieu de 1 % appliqué actuellement par la CCG. La FNT demande en outre un moratoire d’une année pour les entreprises ayant des crédits d’investissement amortissables à moyen terme.
Au plan commercial, elle propose la prise  en charge par l’Etat de 80 % des frais de prospection, plafonnés toutefois à 100 000 DH par mission. Toujours sur le même volet, la fédération demande l’augmentation de la quotité de garantie pour l’assurance foire et l’assurance prospection  de 50 % à 80 % conjuguée à une  baisse des frais d’assurance à l’export.
De même, elle suggère l’accélération de la régionalisation de la promotion touristique par le reversement aux conseils régionaux du tourisme (CRT), dès 2009, d’une partie de la taxe de promotion touristique (TPT) au prorata des  arrivées et des nuitées réalisées en 2008.
La communication n’est pas en reste. La  FNT estime qu’une attention particulière doit être accordée à Marrakech en raison des ouvertures prévues de nouvelles unités hôtelières. Elle parle même de plan d’urgence pour cette destination qui, il est vrai, connaît une période difficile.

Une TVA à 10% pour toutes les filières ?
Du point de vue réglementaire, notamment fiscal, une vieille revendication est remise sur la table, en l’occurrence l’application d’une TVA unique de 10 % à toutes les filières du secteur touristique, ce qui, dit-on, serait conforme aux accords de la Vision 2010 pour le tourisme. Concernant toujours la TVA, le délai  de remboursement aux entreprises devrait être ramené à un mois au lieu des trois prévus par la loi.
D’autres mesures liées à la fiscalité sont préconisées, comme la simplification des taxes locales et l’application des tarifs industriels en matière d’eau et d’énergie aux établissements hôteliers.
Les professionnels du tourisme prêchent par ailleurs pour la simplification des procédures liées à l’investissement et en particulier  ceux de la conservation foncière. L’investissement est en fait au cœur de leurs revendications. Ils demandent, pêle-mêle, l’accélération de l’entrée en vigueur de la loi sur l’immobilier locatif à vocation touristique (ILVT), la création d’un fonds pour stimuler l’économie d’énergie dans les entreprises touristiques et  l’abaissement du seuil des investissements conventionnés à 100 MDH avec, en sus, le prolongement du délai de vigueur des avantages liés à ces conventions.
Par ailleurs, selon la FNT, les exonérations de la TVA devraient toucher toutes les prestations de services liées à l’investissement touristique tels les frais d’architecte, des topographes et bureaux d’études qui représenteraient 10 à 15 % de l’investissement total.
Et pour couronner le tout, les opérateurs sollicitent l’élargissement du champ d’application des mesures d’accompagnement de l’Agence nationale de la PME aux entreprises touristiques, sans oublier la simplification des critères d’accès à Rénovotel (fonds destiné au financement des programmes de rénovation des établissements hôteliers). Enfin, le volet appelé curieusement social se résume à la demande d’exonération totale des cotisations patronales au prorata du chiffre d’affaires à l’export.
Il reste à savoir si le gouvernement pourra accéder à toutes ces demandes. C’est peu sûr compte tenu des contraintes budgétaires. Toujours est-il que réunis dernièrement au Brésil, les grands patrons de l’industrie mondiale du tourisme ont déploré que ce secteur qui emploie 220 millions de personnes à travers le monde et représente 9% du PIB mondial reste «marginalisé», alors que des millions d’emplois, tous échelons  confondus, sont en danger. Ils ont souligné que c’est le secteur qui offre le plus d’opportunités pour une relance avec un effet d’entraînement sur l’économie. En s’appuyant sur un tel argument, les professionnels locaux pourront peut être bénéficier d’une écoute attentive de la part de l’Etat.