Même avec l’arrivée des pluies, la moitié de la récolte est compromise

La production céréalière au Maroc est effectuée presque exclusivement en bour, et l’irrégularité des précipitations (en quantités et répartition sur le cycle) conditionne les niveaux de production. Les besoins en eau d’une culture céréalière dépendent du type (les besoins de l’orge sont inférieurs à ceux du blé…), de la région (données climatiques locales), de la variété (cycle long ou court), des semis (précoce ou tardif), etc. Par exemple, au Maroc, les études ont montré que les besoins totaux annuels en eau du blé se situent autour de 550 mm, soit en moyenne autour de 10 mm d’eau par quintal de grain produit. La comparaison de ces besoins avec la pluviométrie moyenne annuelle indique le niveau de déficit pour les différentes zones de production.

On est loin des 10 mm d’eau minimum par quintal produit.
De même, les résultats expérimentaux ont permis de déterminer un seuil minimum de consommation d’eau indispensable pour assurer la production du grain. Ainsi, lorsque la consommation en eau de la culture est inférieure au seuil de 180 mm, la production du grain est pratiquement impossible et seule la paille peut être récoltée.
Les besoins en eau varient aussi selon les phases de la culture. Ainsi, ces phases sont, par ordre d’importance, la montaison-épiaison, la maturation du grain, la germination et le tallage. Le stade prédominant dans les différentes régions du pays varie entre le tallage et la montaison, ce qui indique que la période de sécheresse que notre pays a connue ces dernières semaines a coïncidé avec les stades les plus demandeurs en eau.
Certains professionnels estiment que plus de 10 % de la superficie emblavée sont irrémédiablement perdus et que les pluies annoncées, selon leur ampleur et leur répartition territoriale, ne pourront sauver que les cultures présentant encore un état végétatif satisfaisant, soit moins de 50 % des emblavements.
A noter que la variation de la température de l’air se produit plus facilement que celle du sol. Ainsi, après une longue période de basse température de l’air, celle du sol est aussi affectée. Ceci a un effet négatif sur l’absorption par les racines des éléments nutritifs.
De même, et en règle générale, les sols humides refroidissent plus lentement que les sols secs, d’où l’impact conjugué de l’absence de précipitations et de la vague de froid .