Mediterranea Saïdia, la première des stations du Plan Azur à  ouvrir ses portes

Hôtels, village de vacances, golfs, marina, médina et centre commercial sont opérationnels.
Il faudra encore deux ou trois ans pour que la station atteigne sa vitesse de croisière.

C’est fait. Mediterranea Saïdia, la première station du Plan Azur, a ouvert ses portes le 19 juin, et cette inauguration a été l’occasion d’une grande fête couronnée par un grand feu d’artifice qui a duré 40 minutes. Il fallait  en effet frapper un bon coup, surtout après les critiques dont la station a été la cible ces derniers temps et notamment un reportage assassin, tourné il y a de cela plusieurs mois par une équipe de  France 5 et  diffusé, curieusement,  à la veille de l’ouverture officielle de la station.
Certes, il faudra encore deux ou trois années pour que cette station balnéaire soit achevée et puisse tourner à plein régime, mais ce qui est  plus important, c’est qu’aujourd’hui des centaines de jeunes filles et de jeunes garçons, hier encore sans travail, font tourner les deux hôtels ouverts, les villages de vacances et le  golf. Aussi important, dans la nouvelle médina, complètement achevée, à proximité de la marina, des commerces sont ouverts dont de grandes enseignes, des agences bancaires et des bureaux de grandes entreprises ont  désormais pignon sur rue. Et ceci, les  1 500 personnes qui étaient conviées à l’inauguration de la station et à la tenue de la IXe   édition des assises internationales du tourisme ont pu le constater de visu, ainsi que les centaines de touristes étrangers  qui ont opté pour cette nouvelle destination. Cette station constitue donc une  grande bouffée d’oxygène pour la région de l’Oriental qui a souffert durant des décennies d’un enclavement paralysant. Aujourd’hui, les contours d’un pôle économique autour de cette station sont dessinés et les chantiers d’infrastructures sont en cours de réalisation (achèvement de la rocade méditerranéenne, ligne de chemin de fer Taourirt-Nador, nouvel aéroport d’Oujda, complexes industriels, etc.).

Le capital marocain a montré qu’il est aussi entreprenant que son pair étranger
Maintenant, il faut se rendre à l’évidence et corriger ce qui a besoin de l’être, en particulier le volet communication. Il faut le souligner, la première station du Plan Azur a été victime d’une stratégie de communication frileuse menée aussi bien par les institutionnels que par les aménageurs. En effet, dès la concession de cette station, le ministère du tourisme a péché par excès d’optimisme aussi bien sur les difficultés rencontrées que sur les délais d’ouverture. Tout projet d’envergure peut rencontrer des problèmes en cours de route et le meilleur moyen de limiter les dégâts c’est de communiquer de manière transparente autour des difficultés. Quand le groupe espagnol Fadesa, premier attributaire d’une station du Plan Azur, a commencé à avoir des problèmes au niveau international, le mot d’ordre chez ses associés nationaux était que la filiale marocaine était à l’abri d’une crise, mais en la matière, tout finit par se savoir. Ceci étant, le groupe Addoha a bien pris les choses en main et la station balnéaire de Saïdia, malgré les quelques chantiers encore en cours, est un motif  de fierté, en plus du fait que  son inauguration revêt un aspect symbolique pour tout le programme balnéaire Azur. Le capital marocain a montré qu’il est aussi entreprenant que son pair étranger, puisqu’il a pris la relève chaque fois qu’il y a eu défaillance d’un investisseur étranger, avec dans la foulée l’apparition au Maroc du métier d’aménageur développeur qui n’existait pas avant le lancement du Plan Azur.

Le tourisme à destination du Maroc représente tout juste 1 % du volume mondial
Il reste cependant beaucoup de choses à réaliser. Ce constat apparaît d’ailleurs dans le discours royal adressé aux participants  à l’occasion des assises de Saïdia : «Ce qui a été réalisé à Saïdia en termes d’infrastructures touristiques constitue les premiers fruits que récolte le Royaume de la mise  en œuvre de la politique nationale intégrée qui a été adoptée dans le domaine du tourisme».
Aussi important, la station Saïdia, étant donné les conditions climatiques dans la région, est considérée comme une station d’été. Elle demande donc des efforts  significatifs en matière de commercialisation et de promotion pour atteindre un taux de remplissage annuel honorable. Là encore, le Roi a appelé «à faire preuve de plus de créativité et d’efficacité en matière de commercialisation, de marketing et de communication» pour «donner plus de visibilité aux atouts du Maroc comme destination touristique privilégiée au vu de l’élargissement de l’offre touristique nationale grandissante aux niveaux  régional et international». Il faut rappeler que Saïdia, c’est environ 30 000 lits dont 17 000  à construire sur 29 lots hôteliers. Déjà 25 lots sont concédés. Ils seront gérés par différentes enseignes nationales et internationales de renom. A la clé, un investissement global de 12 milliards de DH et, à terme, 8 000 emplois directs  et 40 000 indirects.
L’ouverture de Saïdia sera suivie par celle de Mazagan prévue pour octobre prochain et, plus tard, de Lixus Larache et Mogador Essaouira qui vont encore augmenter cette offre.
Si l’on en croit certains professionnels présents à ces IXe assises du tourisme, le Maroc dispose encore d’une vaste marge de manœuvre pour peu qu’il sache attirer les touristes en ouvrant de nouvelles niches et en allant vers de nouveaux marchés. En effet, le tourisme à destination du Maroc représente aujourd’hui tout juste 1% du volume mondial et 1,7 % dans l’ensemble de ses marchés concurrents. Les investisseurs étrangers ne se trompent pas sur ce potentiel puisque, depuis le lancement de la Vision 2010, près d’une centaine de contrats  ont été signés avec ces investisseurs.