Marrakech et Agadir font le plein

Les deux villes affichent pratiquement complet et seront bondées en août

Pour les autres régions, le Nord en particulier, la tendance est plutôt moyenne.

L’année 2005 sera probablement bonne pour le tourisme national et les chiffres publiés par le ministère de tutelle indiquent une croissance soutenue aussi bien en matière d’arrivées que de nuitées. Toutefois, si les destinations les plus courues – Marrakech et Agadir et, dans une moindre mesure, Fès, où la saison d’été s’annonce prometteuse -, devraient en profiter, les autres régions, pourtant non démunies d’atouts naturels, sont dans l’expectative, mais ne baissent pas pour autant les bras.
A Marrakech, il est de plus en plus difficile de trouver une chambre en ce mois de juillet, particulièrement durant les week-ends. La ville s’attend à un mois d’août battant tous les records. En termes d’affluence, ce mois se situerait au niveau d’avril qui correspond à la haute saison. Même si, précise un hôtelier, en août, on attend plutôt une clientèle de masse, des nationaux et des MRE particulièrement, alors qu’en avril, la clientèle est plutôt étrangère et bien nantie. Peu importe. La machine tourne à plein régime. Ce qui montre que la promotion et le travail des organes locaux finissent par payer.
Ceci se confirme à Agadir où, il y a à peine deux ans, les professionnels se plaignaient sans cesse, certains menaçant même de mettre la clé sous le paillasson. Aujourd’hui, le discours est étonnamment optimiste. Selon Essaid Sqalli, le président du CRT (Centre régional du tourisme), «depuis que les professionnels, les autorités et les élus travaillent main dans la main, les choses vont mieux dans la région». Pour preuve, il cite le festival d’Agadir qui a été un franc succès cette année. De manière générale, les touristes étrangers reviennent de plus en plus, même si la ville reste sur sa faim pour ce qui est des fréquences aériennes.

Hassad mobilise les troupes dans le Nord
Dans le Nord, le nouveau wali, Mohammed Hassad, a déjà entamé ses contacts avec les opérateurs pour enclencher une dynamique similaire. Il a rencontré, lundi 18 juillet courant, les membres du tout jeune CRT de la ville. Un CRT qui, à signaler au passage, n’a encore ni siège, ni locaux. Seules quelques personnes se débattent pour faire bouger les choses. Il faut savoir qu’aujourd’hui, le Nord vit surtout du tourisme national, et les étrangers ne s’y attardent pas trop, car toute l’infrastructure hôtelière est aujourd’hui à faire ou à refaire.
Dans toute la région, les établissements hôteliers dignes de ce nom se comptent sur les doigts d’une main. L’idée aujourd’hui, explique M. Hitmi, président du CRT, est d’être en mesure de retenir la clientèle nationale qui traverse le détroit pour aller dans le sud de l’Espagne. Et, estime-t-il, tant que la loi sur l’immobilier locatif à vocation touristique n’a pas vu le jour, qui permettrait de commercialiser des logements de vacances pour les Marocains à un prix abordable, le problème restera entier. Le prix moyen d’un appartement sur la côte espagnole, 80 euros/jour, précise le président du CRT de Tanger, n’a rien à voir avec les prix qui se pratiquent dans le Nord. Quant à Tétouan, elle ne dispose tout simplement pas d’hôtels de standing valable. En attendant, le Nord, comme beaucoup de stations balnéaires, s’apprête à recevoir une clientèle nationale, habituée et inconditionnelle.