Marrakech envahie par les organisateurs clandestins de voyages

Une cinquantaine d’opérateurs clandestins déjà identifiés par les autorités.

Branle-bas de combat à Marrakech où les professionnels du voyage sont de plus en plus inquiets de la concurrence que leur livrent des organisateurs clandestins de voyages. En clair, il s’agit d’agences qui ne disposent d’aucune licence professionnelle, ni en Europe ni au Maroc, et qui ne paient ni impôts ni taxes. L’Association régionale des agences de voyages de Marrakech (Aravm) en a recensé plus d’une cinquantaine et la liste n’est pas exhaustive. Ils portent des appellations pittoresques comme «Location Marrakech», «Maroc Réservation», «Séjour Riad Marrakech», ou encore «Marrakech Connection» quand ce n’est pas «Demeures du Maroc» ou «Ter Ahlam». Ils opèrent via internet, vendent à des touristes crédules des chambres de riads et des séjours en maisons d’hôtes, organisent des circuits dans la région à des prix défiant toute concurrence.

Le wali promet de faire le ménage
A en croire Abdellilah Najdi, président de l’Aravm, les professionnels de la ville n’ont pas «peur de l’arrivée sur le marché du voyage de nouveaux opérateurs, mais ne peuvent accepter que des sociétés qui n’ont aucune existence physique, ni ici ni ailleurs, se mettent à commercialiser des packages au même titre que les agences qui ont pignon sur rue». Il souligne que «tout le monde fait aujourd’hui le métier de tout le monde». On constate en effet sur la liste qui nous a été fournie que certains de ces sites-portails ont une palette d’activités très large. Exemple pour n’en prendre qu’un seul : «Ready Car», dont l’activité est la location de voitures, propose aussi «des locations de riads et de maisons d’hôtes, des réservations d’hôtels et organisation de bivouacs ainsi que des excursions autour de Marrakech».

Selon un autre professionnel de la ville, même les grands taxis se mettent à organiser des circuits dans la région de Marrakech, et des guides de montagnes proposent des randonnées pour leur propre compte.

D’où l’urgence de tirer la sonnette d’alarme, souligne- t-il, avant qu’il ne soit trop tard. Car, en cas d’accident ou de problèmes graves, ces organisateurs qui n’offrent ni garantie, ni assurance, ni même le moindre critère professionnel, vont tout simplement disparaître dans la nature. Et c’est l’image du Maroc qui va en prendre un coup. Ainsi, le wali de Marrakech, avec lequel les professionnels ont eu une réunion à ce sujet le 16 mai courant, a été lui-même surpris de l’ampleur du phénomène et a promis de faire le ménage. Reste à réfléchir sur la meilleure manière de mettre en garde les touristes sans les effrayer.