Maroc Textile : 1 milliard de pièces fabriquées dans les usines, 600 millions exportées

Avec 250 millions de pièces, le pantalon reste l’article le plus exporté. Le Maroc n’exporte plus que 20 millions de jeans contre 40 millions il y a quelques années. 400 millions de pièces issues des collections développées par les industriels sont écoulées sur le marché local.

Six cent millions de pièces confectionnées sont exportées annuellement par le secteur du textile et de l’habillement. Il s’agit, faut-il le préciser, d’articles finis produits dans le cadre de la sous-traitance, contrairement aux 400 millions de pièces issues des collections développées par les industriels écoulées sur le marché local.
L’analyse par article exporté laisse apparaître une nette prédominance des articles en maille, soit 350 millions de pièces exportées vers les marchés européens, notamment la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Il faut toutefois noter que durant les cinq dernières années, les industriels ont focalisé leurs efforts sur le marché américain et certains ont pu décrocher de gros contrats pour la fabrication de tee-shirts et sweat-shirts.
Les exportations de la filière maille représentent en valeur 8 milliards de DH et sont dominées par le tee-shirt qui occupe le premier rang suivi du pull-over, des sous-vêtements féminins et masculins, du sweat-shirt et des robes et les pyjamas. Les industriels soulignent que, durant ces dernières années, plusieurs investissements ont été réalisés, en particulier dans la zone de Rabat-Salé, pour la fabrication des sous-vêtements (culottes et slips). 
Pour les articles dits chaîne et trame, dont la valeur atteint annuellement 21 milliards de DH, la première place revient au pantalon, hommes et femmes, qui constitue la moitié des 250 millions de pièces exportées. Il importe de noter que le pantalon en denim (le jean) a enregistré, durant ces dernières années, une régression puisqu’il ne totalise que 20 millions de pièces exportées annuellement contre 40 millions auparavant. Pour expliquer ce recul, les industriels avancent l’effet de mode qui est à l’origine de l’évolution en dents de scie des exportations de pantalons denim. Et d’ajouter que pour maintenir le niveau de production, les industriels optent, durant les périodes de vaches maigres, pour la confection du pantalon prêt à teindre. Confectionné de la même manière que le jean et ayant la même apparence, ce type de pantalon est un produit très tendance actuellement. Un important effort d’innovation a été effectué par les entreprises, notamment au niveau des couleurs et de la coupe afin de répondre aux besoins des clients.

Jupes, costumes et tailleurs ferment la marche

Le chemisier femme vient en deuxième place après le pantalon alors que la chemise pour hommes a vu sa part dans les exportations régresser. N’étant pas un produit de mode et demeurant essentiellement classique, la chemise pour hommes est devenue, selon le jargon des industriels, un produit basic que les donneurs d’ordre font faire dans les pays de l’Extrême-Orient, notamment en Chine, préférant ainsi sous-traiter au Maroc les articles plus élaborés et de mode. La jupe, les costumes et autres tailleurs sont en quatrième position des exportations de la filière chaîne et trame.
A l’instar des exportations, le marché local est également dominé par les articles en maille. Ainsi, ils représentent les 3/4 des 400 millions de pièces commercialisées sur le marché intérieur du textile et de l’habillement. Il s’agit essentiellement des vêtements pour enfants dont les ventes explosent à l’occasion des fêtes et de la rentrée scolaire. Les articles pour adultes vendus localement proviennent le plus souvent d’importations informelles faites par des opérateurs occasionnels. Autre caractéristique à retenir pour le marché local : la production porte, contrairement à l’export, sur des collections développées et créées par les entreprises. Ce qui explique la mise en place par l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) d’un dispositif d’accompagnement pour ces entreprises en vue de leur permettre d’accéder aux marchés de l’export. Un comité ad hoc a été créé pour sélectionner et soutenir ces entreprises.