Maroc – Energies renouvelables : L’Etat participera à  des projets énergétiques en vue d’en alléger les coûts pour les investisseurs

La société d’investissement énergétique créée. Elle est dotée d’un milliard de DH provenant du «Fonds de développement énergétique».
Son premier champ d’intervention : le parc éolien de Tarfaya.

C’est un gros coup que l’Etat vient de réaliser dans le domaine de l’énergie : la création depuis le 30 juin dernier d’une société d’investissement énergétique (SIE). Dotée de 1milliard de dirhams, provenant du fonds d’affectation spéciale «le Fonds de développement énergétique», créé dans la Loi de finances 2009, la SIE a pour objet d’investir dans des projets visant l’augmentation des capacités de production énergétique, la valorisation des ressources énergétiques locales, notamment les ressources énergétiques renouvelables et le renforcement de l’efficacité énergétique, explique-t-on auprès du ministère de l’énergie et des mines.
Cet objet, très clairement, s’inscrit dans le cadre des orientations de la nouvelle stratégie énergétique dont l’objectif, pour rappel, est d’assurer la disponibilité et l’accessibilité de l’énergie au meilleur coût, de réduire la dépendance énergétique du pays à travers le développement des potentialités locales, notamment les énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, etc.), mais aussi de promouvoir l’efficacité énergétique dans tous les domaines d’activité.

Une manière de compenser la faible attractivité de projets aux rendements encore trop bas
Concrètement, comment cette société d’investissement va-t-elle intervenir dans l’activité énergétique ? En créant des filiales ou en prenant des participations dans des sociétés opérant dans le secteur de l’énergie, répond un responsable au ministère de l’énergie. Par exemple, la SIE va bientôt examiner les conditions et les modalités qui lui permettront d’intervenir dans la réalisation du projet de parc éolien de Tarfaya ainsi que dans d’autres projets solaires.
En fait, selon l’explication du ministère de l’énergie et des mines, la SIE jouera surtout (mais pas seulement) le rôle d’accompagnateur dans les projets touchant particulièrement aux énergies renouvelables, afin de réduire, en apportant une partie des financements, le coût du KWh produit.
Il faut bien voir en effet que les technologies propres aux énergies renouvelables, bien qu’en amélioration constante, ne permettent pas encore des rendements élevés, et, par conséquent, l’énergie qui en est issue est encore coûteuse, comparativement à celle produite à partir de certains combustibles fossiles.
Malgré tout, la situation de dépendance du pays ne permet pas de faire l’impasse sur les énergies renouvelables – et l’efficacité énergétique aussi, bien au contraire. Et c’est le rôle de la SIE d’accompagner les investisseurs dans ce domaine, afin de le promouvoir. Car, n’oublions pas que dans la nouvelle stratégie énergétique, la part des énergies renouvelables, d’ici à 2012, devrait atteindre 8% dans le bilan énergétique et 18% dans le bilan électrique ; tandis que l’efficacité énergétique (dans le bâtiment, l’industrie, le transport…) est carrément érigée en priorité nationale.
L’intervention de la SIE, en supportant une partie des coûts de financement de ces projets, les rendra moins lestés par les dettes (de financement) et donc aptes à pratiquer des prix expurgés des éléments de nature à les renchérir. On peut citer à cet égard l’exemple de JLEC (Jorf lasfar energy company) qui, pour amortir son investissement, a fait payer à l’acheteur unique qu’est l’ONE des prix du kWh élevés pendant plusieurs années.
Le Maroc semble avoir tirer les conséquences de cette expérience et désormais la SIE interviendra dans tous les projets où le financement qu’elle apportera sera jugé nécessaire pour en réduire les coûts et promouvoir la filière (éolienne, solaire ou autre) qu’elle a investie.
De la même manière, et comme le confie le directeur de l’électricité et des énergies renouvelables au ministère de l’énergie et des mines, l’Etat utilisera également le reliquat budgétaire du compte du fonds de développement énergétique (doté, rappelons-le de 1 milliard de dollars) pour financer d’autres opérations, au bénéfice d’acteurs publics ou privés.
Ce dont il s’agit, finalement, c’est d’utiliser aussi efficacement que possible le don de 800 millions de dollars dont a bénéficié le Maroc (de la part de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis) et dédié au développement énergétique.