Marhaba 2015 : vers une meilleure gestion de la période du grand rush

Les professionnels du secteur maritime s’attendent à  des conditions moins difficiles que l’année dernière pour ces derniers jours de l’opération. Ce serait une suite logique aux différentes initiatives prises cette année pour éviter les problèmes rencontrés par le passé.

C’est la dernière ligne droite dans le cadre de l’opération Marhaba 2015 et toutes les parties prenantes retiennent leur souffle. En cause, et comme chaque année, à partir de ce week-end du 29-30 août et tout au long de la première semaine de septembre, les ports assurant la traversée du détroit connaîtront la plus importante affluence de l’année en raison du retour des MRE dans leurs pays d’accueil. Du coup, plusieurs questions se posent quant aux conditions dans lesquelles devrait se dérouler le transit pendant les prochains jours. D’emblée, on peut dire que les pouvoirs publics ont déjà anticipé cette période, en lançant à partir du 24 août l’opération d’interchangeabilité des billets. Cette initiative permet, pour rappel, de mieux gérer les flux de voyageurs au niveau des ports lors des périodes de rush. Dans la pratique, chaque passager pourra embarquer dans le navire disponible quelle que soit la compagnie auprès de laquelle il a acheté son billet. Cette année, l’interchangeabilité s’étendra jusqu’au 2 septembre, soit une durée exceptionnelle de 9 jours au lieu des 3 jours adoptés initialement. «Cela ne veut pas forcément dire que l’interchangeabilité durera autant puisque la période reste flexible en fonction de l’affluence», note un professionnel de la Marine marchande. En effet, si la durée fixée par les pouvoirs publics peut paraître longue, vu ce qui s’opère habituellement, l’interchangeabilité reste dépendante des flux enregistrés au niveau des principaux ports de sortie, particulièrement Tanger Med. Si la grande partie du flux attendu transite le week-end du 29-30 août comme le présagent les professionnels, il n’y aurait donc plus de raison de maintenir l’interchangeabilité jusqu’au 2 septembre.  

Les prix n’ont pas connu l’envolée de 2014

Hormis cette disposition, c’est le contexte plutôt positif dans lequel s’est opérée globalement l’opération de transit durant cet été qui laisse présager une période de rush moins compliquée que celle de l’année dernière. «Globalement, mis à part quelques rares exceptions, l’opération s’est passée dans de bien meilleures conditions que l’année dernière», explique-t-on auprès de l’Association professionnelle des agences et compagnies maritimes (APACOM). La différence avec l’année dernière est que la fluidité était au rendez-vous à tous les niveaux de la chaîne. «Avant, les agents de la police et de la douane impliqués dans le transit avaient fait des efforts considérables pour fluidifier le traitement de l’opération, mais les autres maillons de la chaîne n’ont pas suivi. Ainsi, des voyageurs réalisaient plus rapidement les formalités administratives et devaient attendre longtemps pour embarquer dans les navires», ajoute la même source. Cette année, même les compagnies auraient fait des efforts pour réduire le temps nécessaire entre le débarquement et l’embarquement. Cette situation s’est bien entendu reflétée au niveau des prix de la traversée. Bien que ceux-ci restent élevés comparativement avec la fin des années 2000, les seuils atteints l’année dernière ont pu être évités grâce à l’amélioration de la rotation des navires ainsi qu’à la légère amélioration de l’offre. A ce niveau, les professionnels se réjouissent de la mise en place par l’Etat d’un navire de sécurité à la disposition de la compagnie Naveline nouvellement introduite sur le marché. Au lieu de deux navires prévus suite à l’obtention des autorisations dans le cadre du dernier appel à manifestation d’intérêt, Naveline n’a finalement pu mobiliser qu’un seul navire pour l’opération Marhaba de cette année, en l’occurrence le Speedrunner III battant pavillon grec. Du coup, les pouvoirs publics ont conclu un contrat avec la compagnie pour mettre à sa disposition le Queen Nefertiti battant pavillon jordanien, lequel a été mobilisé comme navire de sécurité. «Au début, le Queen Nefertiti est resté immobilisé pendant deux semaines vu que les autorités espagnoles ont refusé qu’il soit affrété par une entité autre qu’une compagnie maritime (ndlr : notamment par une autorité portuaire). C’est à partir de là que l’idée de le confier à Naveline a émergé», confie une source dans le secteur maritime. 

Il serait certainement trop tôt de se réjouir de la réussite de l’opération de transit 2015, mais l’optimisme reste de mise pour les derniers jours du retour des MRE. «Ce que l’on peut redouter c’est d’éventuels pannes techniques que risquent de rencontrer les navires affrétés par les compagnies assurant la traversée. Si cela est évité, l’opération de transit de cette année sera certainement positive», conclut-on auprès de l’APACOM.