Malgré la crise, le secteur du tourisme rattrape son retard et revient au niveau de juin 2011

Au termes des 6 premiers mois, le volume des arrivées a atteint le même niveau qu’en 2011, selon les estimations de l’ONMT. Les réservations des TO pour le 2ème semestre confirment la reprise pour ce qui est des voyages packagés.

La crise dans le tourisme continue d’impacter les professionnels du secteur, à la fois dans les marchés émetteurs (tour-opérateurs, agences de voyages) et dans les destinations touristiques, notamment les hôtels et les professions qui gravitent autour de l’hôtellerie. Cela dit, malgré cette conjoncture, pour le moins difficile et incertaine, la destination Maroc qui souffre depuis l’attentat du café Argana survenu le 28 avril 2011, affiche au terme du premier semestre 2012 des résultats qui laissent entrevoir une lueur d’espoir quant à l’évolution des arrivées. Selon les estimations de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), et en attendant la publication des statistiques officielles, le mois de juin a connu une forte progression par rapport à juin 2011. Ainsi, à fin juin, c’est-à-dire au titre des six premiers de l’année en cours, les arrivées aux frontières atteindraient le même volume que durant la même période de 2011.

La destination est passée progressivement d’une baisse du nombre d’arrivées de 9% en janvier 2012 à -2% à fin mai pour rattraper donc à fin juin le niveau de l’année écoulée. Et, explique le DG de l’ONMT, Hamid Addou, ce qui permet d’espérer une poursuite de la reprise ce sont les prévisions des TO européens pour le Maroc, au vu de leurs réservations enregistrées pour le second semestre 2012. Ainsi, selon le CETO, association qui regroupe les principaux TO français, les réservations des clients font apparaître une progression de la destination Maroc, en nombre de clients, de 36% pour la période allant de juillet à décembre 2012, alors qu’une destination comme l’Espagne enregistre pour la même période une baisse de 32%. De même, l’APTA, l’équivalent du CETO en Grande-Bretagne, crédite le Maroc d’une hausse du nombre de clients britanniques de 12% entre les mois d’août et décembre 2012.

De telles prévisions s’inscrivent dans une tendance qui s’est déjà manifestée chez les TO français durant la saison de l’hiver dernier, allant de novembre 2011 à avril 2012, et qui a classé le Maroc en tête des 10 premières destinations moyen courrier choisies par les Français avec 135 099 voyages forfaitaires. Et ce, malgré une baisse globale importante du nombre de ces clients (-28%) qui ont opté pour le Maroc durant cette période. A titre de comparaison, la Tunisie dont le nombre de clients a progressé de 8% (mais elle revient de loin en raison du printemps arabe) est classée 2e juste après le Maroc avec 107 646 clients. Ceci étant, le CETO annonce globalement une année 2012 très mauvaise, compte tenu de la baisse du nombre de clients toutes destinations confondues.

Un budget limité pour la promotion de la destination

Comment interpréter cette situation autrement qu’en disant que la destination continue d’être attractive, mais que cette attractivité est laminée par la crise économique et financière qui frappe de nombreux pays européens. En d’autres termes, la destination Maroc est bien placée pour profiter d’une reprise de l’activité touristique, mais cette reprise n’est pas encore pronostiquée par les spécialistes. Raison pour laquelle le Maroc doit intensifier la promotion dans les marchés émetteurs traditionnels, mais, là encore, l’ONMT se heurte à la limitation de ses moyens d’action.

Selon le DG de l’ONMT, les trois quarts du budget de l’Office consacré à la  communication institutionnelle ont déjà été consommés durant le premier semestre 2012, et le reliquat devrait être dépensé durant le dernier trimestre de l’année. M. Addou ajoute que 60% des dépenses ont été alloués à la promotion sur Internet, canal devenu désormais primordial pour générer des arrivées. Pour illustrer cette option, il faut signaler que la campagne en ligne du Maroc pour générer du trafic vers le portail www.visitmorocco.com a généré, selon l’office, 170 millions de clics individuels durant ce premier semestre, à travers les sites généralistes, la presse quotidienne en ligne, les sites de voyages et de tourisme, etc. D’ailleurs, le portail gagnerait à être mieux médiatisé auprès de la clientèle locale qui joue le rôle d’amortisseur en temps de vaches maigres. L’on rappellera que les standards internationaux veulent que cette dernière constitue au moins le tiers du flux touristique dans l’hôtellerie pour assurer au secteur une rentabilité régulière.   

Pour en revenir aux touristes internationaux, il faut souligner, par ailleurs, que le Maroc a bénéficié de plus de 6 000 passages de spots publicitaires sur les télévisions répartis sur les pays émetteurs européens (France, Allemagne, Italie, Espagne…) ainsi que les marchés du Moyen-Orient avec près d’un millier de spots diffusés sur les chaînes arabophones comme MBC ou Al Arabiya. Quant à la campagne d’affichage, elle a touché, outre les marchés traditionnels cités, des pays comme la Russie et la Pologne, avec au total plus de 27 000 affiches.

L’ONMT essaie aussi de suivre les événements internationaux comme ces jours-ci à Londres où, à l’occasion des Jeux olympiques, le Maroc est présent à travers une exposition consacrée à l’Afrique dans le célèbre Hyde Park avec un stand de 150 m2 qui pourrait être visité par quelque 140 000 personnes.