L’Université de Sherbrooke revient en force au Maroc

L’université a mis fin à  ses activités en Algérie pour venir s’implanter de nouveau au Maroc. Elle lance dans un premier temps des MBA avant de mettre en place des modules de formation continue pour les entreprises.

Sherbrooke est assurément une des signatures les plus emblématiques de l’enseignement supérieur canadien à travers le monde. L’université dispose d’un bon réseau de diplômés au Maroc et elle a été la première, au début des années 90, à proposer des formations du type nord-américain MBA au Maroc. Après s’être désengagée du Maroc, pour une brève période, elle revient en force avec un nouveau partenaire local, une nouvelle vision et de grandes ambitions. Alain Tremblay, le directeur adjoint de la Faculté d’administration de Sherbrooke, de passage récemment au Maroc, a livré, en exclusivité à La Vie éco, les projets de l’Université canadienne au Maroc.

Sherbrooke revient au Maroc et avec de nouvelles ambitions…
Oui, l’Université de Sherbrooke revient avec beaucoup de plaisir. Nous étions implantés au Maroc depuis une quinzaine d’années, et au bout d’une si longue durée, je pense qu’il est normal qu’on renouvelle notre vision et notre appréciation des choses.

Et de changer de partenaires aussi…
Oui, en effet, notre partenaire de l’époque au Maroc n’avait pas la même vision que nous et donc nous avons décidé de nous séparer dans de bonnes conditions. Depuis, nous avons marqué une petite cassure concernant notre présence au Maroc. Nous nous sommes mis à rechercher un nouveau partenaire avec qui on pouvait partager les mêmes convictions. Mais entre-temps, on était parti s’implanter en Algérie où Sherbrooke a tout de même formé plusieurs promotions. Après de longues discussions, nous avons finalement trouvé un nouveau partenaire au Maroc avec qui nous pensons partager les mêmes visions. Et c’est pour cette raison que Sherbrooke a décidé de mettre fin à ses activités en Algérie pour venir s’implanter de nouveau au Maroc.

Pourquoi une telle décision ?
Parce que nous estimons que le Maroc est un pays- clé et qu’il est nécessaire de s’y implanter si l’on veut se développer en Afrique. Nous avons donc décidé de nous réinstaller en force à Casablanca dans le cadre d’un partenariat avec Matsi.

Quels types de formations comptez-vous mettre en place ?
Dans un premier temps, nous envisageons de mettre sur pied des MBA. Comme vous le savez, il y a au Maroc un bon réseau de diplômés de Sherbrooke sur lequel nous devons et nous pouvons nous appuyer. Près de 300 diplômés au Maroc sont passés par notre filière d’executive MBA et qu’il faut réactiver à travers notre présence.

Mais prévoyez-vous autre chose en plus du MBA ?
En plus du produit principal qu’est le MBA, nous envisageons aussi d’investir dans la formation continue destinée aux entreprises. Nous avons déjà des contacts très poussés dans ce sens. Tout cela nous permettra dans un premier temps de retravailler la marque Sherbrooke au Maroc.

Où peut-on situer le mode de formation canadien par rapport aux modèles américain et français par exemple ?
La formation canadienne ressemble beaucoup à la formation américaine. La formation québécoise, elle aussi, à la différence près qu’elle est en langue française. Il a été prouvé, partout, que l’apprentissage se fait mieux dans la première ou deuxième langue. C’est le cas du français au Maroc. Dans une troisième langue, cela devient plus difficile. Le modèle de formation à la française suscite aujourd’hui un grand débat dans le sens où la démarche repose sur des schémas d’apprentissage classiques, traditionnels. Au Québec, nous sommes plutôt alignés sur le modèle américain avec des adaptations à la langue française.

Mais aujourd’hui, au Maroc et dans le monde entier, toutes les universités proposent le MBA…
Vous savez, le terme MBA a été galvaudé à travers le monde, présenté sous différentes formes et variantes. On parle de MBA spécialisés. A Sherbrooke, nous sommes restés attachés au MBA traditionnel qui est une ouverture sur le management. Le MBA est initialement un modèle d’enseignement nord-américain. La France a développé ses propres versions du MBA qui sont très éloignées du MBA tel que nous le pratiquons en Amérique du Nord. Le MBA est une formation basée sur une alternance entre l’apprentissage théorique et l’application en pratique.

C’est ce modèle que vous proposez aujourd’hui ?
Oui, absolument. Sherbrooke arrive au Maroc avec ce modèle et avec surtout des méthodes de formation innovante. Il faut savoir que les formations seront assurées par des enseignants de Sherbrooke Canada.

Quels sont vos projets de développement à moyen terme ?
La tendance est aujourd’hui à ce qu’on appelle communément les microprogrammes. Ce sont des programmes courts et spécialisés qu’on appelle aussi les post-MBA. Ils couvrent des spécialités telles que la suplly Chain, le coaching d’affaires, la gestion de crises et beaucoup d’autres thématiques très pointues. C’est le type de formation que nous souhaitons développer plus tard au Maroc. Nous souhaitons également à travers nos programmes que nos diplômés marocains puissent venir au Canada pour leurs stages de stratégie par exemple, ou encore s’ouvrir sur le réseau de diplômés de Sherbrooke dans le monde entier.