L’UMT réclame la suppression de l’impôt sur les pensions de retraite

Les syndicats se plaignent de ne pas être suffisamment associés aux grandes décisions n Après une première réunion avec eux la semaine dernière, Driss Jettou devrait recevoir les syndicats dans quelques jours.

L’article 396 du code du travail est à  l’honneur chez les syndicalistes. Et pour cause, cette disposition, qui traite du rôle des syndicats professionnels dans la défense des intérêts économiques, sociaux… stipule clairement que ces organisations de travailleurs «(…) participent également à  l’élaboration de la politique nationale dans les domaines économique et social », alors que, selon certains syndicalistes, le gouvernement ne les associe pas à  ses décisions. L’exemple des dernières hausses de prix témoigne, disent certains, de «cette volonté de faire des syndicats une sorte de chambre d’enregistrement».
Pourtant, il y a quelques jours, le Premier ministre avait reçu les syndicats, et une autre rencontre est prévue dans les prochains jours. «Oui, mais on aurait aimé que cette rencontre ait eu lieu avant que les augmentations de prix fussent décidées», regrette un syndicaliste.

Caisses de retraite : «un problème de gouvernance»
Avec la réforme que subira l’impôt sur le revenu, (voir en page 8), les bas et moyens salaires connaà®tront malgré tout une baisse de la pression fiscale de nature à  atténuer quelque peu le renchérissement du coût de la vie.
Pour l’UMT toutefois, la problématique des salaires ne s’arrête pas au réaménagement de l’impôt sur le revenu (IR). «Nous avons fait part à  M. Jettou de nos revendications portant sur une augmentation générale des salaires, à  travers des négociations sectorielles, une augmentation du Smig à  2 500 DH, la suppression de l’impôt sur les pensions de retraite et la refonte de l’impôt sur le revenu », confie Miloud Moukhariq, secrétaire national à  l’UMT. Pour ce dernier, le Smig aujourd’hui «ne répond même plus à  la notion de salaire minimum, tant les prix ont connu des hausses importantes».
S’agissant de l’IR, M. Moukhariq estime qu’il pénalise gravement les travailleurs, et la preuve, dit-il, «c’est qu’un ouvrier, selon des simulations que nous avons faites, paie plus que certaines entreprises. Le salarié est donc piégé puisqu’on lui prélève l’impôt à  la source».
Autre dossier à  l’ordre du jour, celui des retraites. Le syndicat de Mahjoub Benseddik se déclare contre le projet de retraite à  65 ans, envisagé comme moyen de soulager les caisses, guettées par le spectre de la faillite. «Pour nous, le problème des caisses de retraite est d’abord et surtout un problème de gouvernance. Les considérations démographiques ne sont pas déterminantes dans la situation financière des caisses», analyse enfin le syndicaliste.