L’ONE se transforme en SA mais l’Etat ne déboursera pas un sou

Le conseil d’administration du 3 octobre a approuvé la transformation en société anonyme
L’Etat n’est pas prêt à recapitaliser. L’office devra soit vendre une partie de son patrimoine soit ouvrir son capital.

L’Office national de l’électricité (ONE) est-il sorti des difficultés financières qui pèsent sur lui en raison des lourdes charges qui absorbent ses performances opérationnelles et les résultats de la croissance de la demande (8,4 %) ? Si, à juillet 2007, le résultat net a dégagé un excédent de 134 MDH, contre un déficit de 937 MDH à la même période de 2006, alors que l’excédent brut d’exploitation (EBE) a progressé de 84 % à 2 milliards de DH, qu’en sera-t-il à la fin de l’exercice ? Une chose est sûre : en raison des contraintes qu’il subit (entre autres la hausse des combustibles qu’il ne peut répercuter sur le prix du kwh), l’office n’a le choix que d’aller vers une restructuration financière, prélude à sa transformation en société anonyme. D’ailleurs, le conseil d’administration, tenu mercredi 3 octobre sous la présidence de Driss Jettou, lui a donné le feu vert pour ouvrir ce chantier.

La CDG, future actionnaire ?
Traditionnellement, la restructuration, dans le cas d’un établissement public du genre, est l’œuvre des pouvoirs publics, du fait que, très souvent, les entités publiques sont le bras armé de l’Etat. C’est avec eux qu’il peut déployer sa politique sociale ou de soutien à tel ou tel secteur. On peut citer par exemple le fait de baisser le prix de l’électricité pour les industries.

Mais, cette fois, il semble que les pouvoirs publics ne soient pas près de soutenir la restructuration financière de l’office, c’est-à-dire sa recapitalisation. Du moins, l’Etat ne veut pas s’y engager directement, selon des sources bien informées.

Deux solutions ont été, à ce titre, préconisées lors du dernier conseil d’administration : céder une partie du patrimoine de l’ONE ou rechercher un partenaire stratégique. En d’autres termes, il s’agit d’ouvrir le capital à un nouvel actionnaire.

Quel pourrait être ce partenaire ? Un opérateur électrique ? Un institutionnel marocain ? Les regards sont braqués sur une solution locale. Une nouvelle fois, la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), habituée à ce genre d’opérations, est citée. Mais ce n’est encore que conjectures. La caisse, il faut le rappeler, est déjà impliquée dans l’externalisation de la caisse interne de retraite de l’ONE dont le ticket d’entrée est de 14 milliards de DH.