Loi de finances : Projections optimistes pour le Budget 2010

3,2% de croissance, l’inflation contenue à  2% et un déficit budgétaire autour de 3%.
Baisse du taux marginal de l’impôt sur le revenu de 40% à  38% et refonte des autres tranches.

Le ministre des finances a présenté au conseil de gouvernement du mardi 21 juillet la première mouture du projet de loi de finances pour 2010, et celui-ci paraît relativement optimiste au regard de la conjoncture qui est tout de même assez morose, pour le moins.
Sur la base, entre autres, d’une récolte céréalière de 70 millions de quintaux, d’un baril de pétrole à 70 dollars et d’une parité euro/dollar de 1 euro pour 1,37 dollar, le ministère des finances prévoit pour 2010 une croissance économique de 3,2% (4,1% pour les activités non agricoles), un déficit budgétaire autour de 3% du PIB et une inflation contenue à 2%.
Le gouvernement continuera de soutenir les produits de base, mais l’enveloppe qu’il prévoit pour ce faire dépendra en fait de l’évolution des prix des matières premières sur le marché mondial : 13 milliards DH si le cours du brut reste à son niveau actuel (environ 53 dollars le baril) et 17 milliards DH si le prix de l’or noir atteint les 70 dollars.

2,4% de croissance selon le HCP
Ces chiffres, il faut le préciser, ne sont en fait qu’une première projection de ce que devrait être l’activité économique en 2010. Ils sont donc appelés à être affinés, avant la présentation d’une mouture définitive pour son adoption.
La mesure phare de ce projet, mais déjà connue depuis au moins un an, c’est la baisse de l’impôt sur le revenu (IR) de 40% à 38%. Evidemment, comme en pareille situation, la baisse du taux marginal devra s’accompagner d’une refonte de l’ensemble des tranches, puisqu’il faudra faire profiter de cette baisse tous les salariés.
Il y a exactement un mois, le Haut commissariat au plan (HCP) publiait son budget économique exploratoire où il donne ses estimations de croissance pour l’année en cours et ses prévisions pour 2010. Partant de l’hypothèse d’une reprise de la croissance dans le monde, d’un cours moyen du baril de pétrole à 62,5 dollars, d’une parité d’un euro pour 1,26 dollar et d’une récolte céréalière moyenne (60 millions de quintaux), le HCP prévoyait une progression du PIB de 2,4% en 2010 (3,9 % pour le secteur hors agriculture). La différence avec la prévision des Finances est de 0,8 point, ce qui n’est pas rien. Bien sûr, le HCP a pris soin, comme il le fait toujours à cette occasion, de supposer, à titre d’hypothèse de travail, que la même politique budgétaire en vigueur en 2009 sera reconduite en 2010, notamment en matière des dépenses d’investissement, de salaire et de subvention des prix. D’ailleurs, le HCP reviendra sur le sujet en janvier prochain et publiera le budget économique, prévisionnel cette fois et non plus exploratoire, en y intégrant les mesures budgétaires que le Parlement aura votées entre temps.
Cela dit, une prévision reste une prévision : elle ne tient que par les hypothèses sur lesquelles elle est bâtie.