Logistique : l’offre de formation encore insuffisante

Seulement 4 000 lauréats de l’enseignement supérieur sont arrivés sur le marché en 2013. L’AMDL cherche des financements dans le cadre de la coopération internationale pour augmenter la capacité de formation.

Le contrat programme pour la compétitivité logistique, signé par l’Etat et le secteur privé en avril 2010, avait fixé des objectifs ambitieux. En 2015, il fallait former 61 600 personnes, dont 46 300 opérateurs spécialisés, 12 950 techniciens spécialisés, 1 550 ingénieurs et 800 managers. Ces besoins sont exprimés par le transport routier et ferroviaire, le secteur industriel et le secteur non industriel, c’est-à-dire la distribution (en pensant aux zones logistiques) et les services. Ce chantier est un axe prioritaire de la mission de l’Agence marocaine de la logistique (AMDL) qui n’est opérationnelle que depuis novembre 2012. L’une de ses premières actions a été de constituer une équipe «dédiée à la préparation d’une feuille de route détaillée impliquant l’Etat et le secteur privé et permettant de développer une offre de formation à même de répondre qualitativement et quantitativement aux besoins de ce secteur», détaille un des responsables de l’AMDL.

Tout n’est pas encore au point. Il n’en demeure pas moins qu’on assiste à une éclosion d’écoles privées qui proposent des cursus dans les métiers de la logistique et du transport. De son côté, l’Office national de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), chargé d’accompagner les différentes stratégies sectorielles, dispose d’une capacité d’accueil de 3 160 stagiaires. Les universités ne sont pas en reste.

Un bilan dressé en juin dernier par la Fédération du transport, affiliée à la CGEM, fait état de quelque 3 965 lauréats de l’enseignement supérieur, public et privé, qui seront sur le marché en 2013, dont 240 bac+2, 1 150 bac+3, 705 ingénieurs et 1 870 bac+5. Le privé a contribué dans cette production respectivement à hauteur de 16%, 13%, 32% et 50%. Toujours selon la fédération, 23% des lauréats des universités sont titulaires d’un master spécialisé, 9% d’un master, 25% d’une licence, 9% d’un DUT et 16% d’un autre diplômes. Le reste, 18%, sont des ingénieurs.

L’Institut méditerranéen de la logistique et des transports sera créé dans le nord

Malgré une offre de formation en hausse, le déficit de ressources reste significatif. L’AMDL souligne par exemple que, pour les opérateurs spécialisés, la capacité du système de formation est de 1 600 lauréats par an, principalement en formation qualifiante. Ce qui est très largement en dessous des besoins estimés dans le contrat programme. Par conséquent, l’agence s’attelle à trouver des financements au niveau national et international pour renforcer le dispositif.
Ainsi, un financement de la Banque africaine de développement (BAD) «pour l’élaboration d’outils d’ingénierie de formation, notamment à travers la définition d’un référentiel des emplois et métiers de la logistique» est en cours de négociation. Dans la même veine, l’Institut méditerranéen de la logistique et des transports sera ouvert dans le nord du Maroc avec le soutien de la Commission européenne. L’accord a été signé en juin 2013, à Barcelone. Un autre accord a été conclu avec la Société financière internationale (SFI) pour le financement de la mise en place de l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique, organisme qui aura principalement comme rôle de contribuer à l’adéquation entre l’offre et la demande en matière de formation dans le secteur.