L’OFPPT s’apprête à  signer un contrat-programme avec l’Etat

Objectif : former un million de diplômés d’ici à  2015 n La priorité est donnée aux secteurs générateurs de croissance.
Des petites structures indépendantes et spécialisées seront ouvertes dans les différentes régions du Maroc.

C’est une première en matière de formation professionnelle. L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) s’apprête à signer un contrat-programme avec l’Etat. «Ce contrat vise la formation d’un million de diplômés d’ici 2015», annonce Larbi Bencheikh, DG de l’office. Selon lui, la signature devrait intervenir en juin prochain. Rappelons que l’office avait annoncé un plan de formation visant à former 650 000 diplômés à l’horizon 2012. «Pour élaborer ce contrat,  nous sommes partis de la commande gouvernementale de 2003 concernant la formation de 400 000 diplômés en cinq ans. Nous avons ensuite consulté les différentes associations professionnelles pour sonder leurs besoins en compétences pour les cinq prochaines années», souligne M.Bencheikh.

Un plan basé sur quatre axes
Ainsi pour l’année scolaire 2009-2010, qui coïncide avec le coup d’envoi du programme, près de 220 000 stagiaires seront formés contre 194 000 cette année, soit une hausse de 14%. Un chiffre qui devrait évoluer  pour atteindre les 340 000 stagiaires par an en 2015.
Interrogé sur la pertinence de former un million de diplômés alors qu’il y a des incertitudes liées à l’ampleur temporelle de la crise mondiale, M.Bencheikh reste optimiste. «Il faut savoir que l’office ne décide pas tout seul du nombre de personnes à former. Toute révision de ce chiffre sera débattue avec nos partenaires. Personnellement, je pense que ce chiffre doit être maintenu puisqu’il faut penser à l’après-crise aussi. Une fois celle-ci dépassée, nous devons être prêts et formés pour être compétitifs», martèle-t-il.
Quant aux secteurs qui seront privilégiés, le DG de l’office explique que les besoins en formation évoluent avec les années. «Nous ne voulons pas figer la répartition de futurs diplômés par secteur. Nous partons sur la base d’une attention particulière pour les secteurs générateurs de croissance et d’emplois tels que l’industrie, le tourisme, les BTP, les nouvelles technologies de l’information ou encore les secteurs liés au Plan Emergence».
Pour illustrer ses propos, M.Bencheikh cite l’exemple de quelques secteurs qui ont vu leurs besoins passer du simple au double en une année. «C’est le cas notamment des BTP qui est passé de 10% du dispositif global de la formation en 2007 à 20% l’année dernière, soit 40 000 stagiaires» , fait-il remarquer. Le tourisme n’est pas en reste puisque l’offre de formation a été portée à 16 000 stagiaires, soit 10 fois plus qu’il y a cinq ans.

Quatre établissements spécialisés dans l’agroalimentaire seront créés
Pour élaborer ce contrat-programme, la direction de l’office s’est basée sur son plan de développement 2009-2015  qui comprend 4 axes. Le premier, la dimension sectorielle, implique un accompagnement des projets structurants et le développement de la compétitivité des entreprises alors que la dimension de proximité, deuxième axe, entend développer le service de la formation professionnelle au niveau local. Les deux derniers axes concernent le social (soutien des populations à besoins spécifiques) et la promotion de l’emploi basée sur le développement de l’entreprenariat et de l’employabilité. Plusieurs chantiers seront ouverts afin de permettre à l’office d’atteindre l’objectif d’un million de diplômés en 2015. Il en est ainsi de la création de nouveaux établissements, pour porter leur nombre à 292 contre 282 actuellement. «Pour ne citer que l’exemple des établissements spécialisés dans l’agroalimentaire, nous avons déjà lancé les études pour un établissement à Meknès, un deuxième à Agadir et un troisième à Berkane», souligne Larbi Bencheikh. Un établissement destiné à former des diplômés dans la culture bio verra le jour en 2010-2011 à Bouknadel, dans la région de Kénitra. Ce projet qui nécessitera une enveloppe budgétaire de 50 MDH aura deux autres vocations: la mise à niveau des entreprises agricoles dans le cadre d’une formation continue et la création d’entreprises agricoles. Le contrat-programme porte également sur le développement de la régionalisation au sein de l’OFPPT. «Nous avons lancé une étude dans ce sens afin de décentraliser l’office. Autrement dit, nous voulons créer des mini offices dans les différentes régions. Dans ce schéma, le rôle de la direction se limitera à la définition de la stratégie de la formation professionnelle et l’accompagnement de ces régions», indique le patron de l’office. Les directions régionales devraient, en ce sens, jouir d’une autonomie financière et juridique. «Nous avons déjà commencé par la régionalisation du fonctionnement et de la gestion des ressources humaines. L’aspect financier et juridique devrait suivre», ajoute M. Bencheikh pour qui cette régionalisation est une nécessité pour le développement de la formation professionnelle. D’ailleurs, il cite l’exemple de la région du Grand Casablanca qui est passée de 13 000 stagiaires en 2001-2002 à 41 000 stagiaires actuellement.