L’offre de locaux commerciaux va doubler sur les trois prochaines années à  Casablanca

Une offre future de 270 500 m2 de surface commerciale utile est recensée par CBRE à  l’horizon 2016. La demande est tout aussi prometteuse, dynamisée par le succès des commerces modernes auprès des consommateurs et le fort développement d’enseignes locales et étrangères.

Si l’immobilier résidentiel est à la peine à Casablanca, tout comme le segment des bureaux qui donne des signes de saturation, celui des locaux commerciaux conserve tout son attrait. En effet, «le marché du retail est dynamique et recèle un important potentiel dans la capitale économique», assurent les experts du cabinet de conseil en immobilier CBRE. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour permettre cette effervescence.

D’une part, l’offre se développe de manière soutenue, portée par des projets commerciaux de grande envergure. La surface commerciale de Casablanca qui, il y a quelques années était de 218 000 m2 (hors alimentaire), est montée en flèche avec l’ouverture du Morocco Mall en 2011 et d’Anfa Place sur l’année en cours. Ces deux centres ont renchéri l’offre existante respectivement de 68 000 et 26 000 m2. Et le plus gros reste à venir, car 270 500 m2 de surface commerciale utile supplémentaire sont recensés par CBRE à l’horizon 2016. Cette offre proviendra de nombreux projets structurants qui sont, fait notable, tous développés par des filiales de la CDG. En premier lieu, figure le pôle Casa Anfa dans la zone de Ghandi, développé par l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa. Celui-ci comprend dans sa première phase, dont la livraison est attendue pour 2016, 100000 m2 dédiés essentiellement aux commerces. Vient ensuite le projet Casablanca Marina chapeauté par la CGI qui devrait mettre sur le marché d’ici 2016 un centre commercial de 45 000 m2 ainsi que 15 000 m2 de surface commerciale répartie sur une trentaine de commerces en pied d’immeuble. A cela s’ajoute l’offre attendue au niveau de la ville nouvelle de Zenata, pilotée par la société d’Aménagement de Zenata, dont la première phase, programmée elle aussi pour 2016, offrira une surface totale de 40 000 m2 (hors grande surface et alimentaire). D’autres projets de moindre envergure viennent encore renchérir le tout avec d’abord le projet Sindibad développé conjointement par Alliances et Somed avec 9 000 m2 de commerces attendus dont une première phase sera livrée fin 2015. A citer aussi le centre commercial des Arènes développé par Alliances dans la zone du nouveau centre-ville qui devrait s’étaler sur une superficie de 25 000 m2 pour une livraison en 2014.

D’autre part, la demande à Casablanca semble tout aussi prometteuse et à même d’absorber toute l’offre disponible. Cela devrait être facilité, selon les experts de CBRE, par «l’émergence d’enseignes locales dynamiques dans leur rythme de développement et l’implantation accélérée d’enseignes internationales». Qui plus est, «les commerces modernes semblent de plus en plus attirer les consommateurs», constatent les experts. C’est que ces espaces constituent une destination idéale pour les sorties en famille et répondent au manque général de divertissement, à Casablanca spécifiquement.

Jusqu’à 100 000 DH le mètre carré dans les quartiers bien fréquentés

Il en résulte une effervescence notable dans les transactions sur des locaux commerciaux. «La rotation est soutenue et les locaux commerciaux qui sont libérés trouvent systématiquement preneurs», constate à ce titre un intermédiaire immobilier. Selon les professionnels, les quartiers les plus demandés actuellement au niveau de la capitale économique demeurent Al Massira et Abdellatif Ben Kaddour, ciblés surtout par les enseignes d’habillement et d’ameublement respectivement, ou encore l’axe Moulay Slimane qui est très prisé des showrooms.

Bien sûr, conjoncture défavorable oblige, les délais de transaction, qu’il s’agisse de vente ou de location, ont tendance à s’allonger. D’autant plus que les propriétaires se montrent en général inflexibles sur les prix qui, il faut le dire, atteignent des niveaux faramineux. Selon les tarifs constatés sur le marché, il ne se trouve plus de locaux en dessous de 18 000 DH/m2 à Casablanca et les actifs de premier choix (large façade, forte chalandise…) peuvent atteindre 100 000 DH/m2. Selon les experts, cette inflation des prix constitue un point noir du marché et risque d’hypothéquer son développement. Un professionnel explique : «Sur certains quartiers commerciaux réputés, il est possible d’observer des franchises ouvrir et fermer sur une durée relativement courte d’un à deux ans. Certes, ces départs sont assez vite remplacés mais cela dénote qu’aux prix actuels du mètre carré, les investisseurs ont de plus en plus de difficultés à viabiliser leur activité». L’envolée des prix des locaux risque d’être plus pénalisante encore quand on sait que ce sont surtout les enseignes grand public, dictant une maîtrise des charges d’investissement, qui ont de l’avenir au Maroc.