L’Observatoire du tourisme boudé par les professionnels

Le président de l’observatoire dénonce la passivité des hôteliers ; 37 adhérents à peine en trois ans.
Les professionnels jugent que la structure a failli à sa mission et que la cotisation (5 000 DH) est élevée.

Les professionnels du tourisme, très critiques vis-à-vis de l’Observatoire du tourisme, sont unanimes à dire que cette structure a très peu d’utilité et lui reprochent de publier les statistiques des arrivées et des nuitées sans aucune valeur ajoutée.

Fouad Chraïbi, actuel président de l’observatoire, en reconnaît les insuffisances mais rejette la responsabilité sur les détracteurs de cette institution. Visiblement lassé par les critiques des professionnels et pressé de remettre les clés à un remplaçant, il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

«L’Observatoire du tourisme a été créé il y a trois ans dans un esprit de partenariat public/privé, mais le secteur privé s’est révélé incapable de jouer son rôle. Il a été sacrifié sur l’autel des bagarres de personnes au sein de la Fédération nationale du tourisme (FNT)» , explique-t-il. Allusion est faite ici au bras de fer qui avait opposé en 2007 son président à la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (Fnih). Résultat : l’observatoire s’est retrouvé sans ressources propres puisque celles-ci devaient provenir principalement de la cotisation de ses adhérents, de la commercialisation des études qu’il devait réaliser et d’autres prestations, avec l’objectif d’avoir à terme son autonomie financière.

Selon M. Chraïbi, les adhérents ne se sont pas bousculés au portillon. L’observatoire n’en compte pas plus de 37 dont une majorité de bureaux d’études et de cabinets et «très peu de vrais professionnels du tourisme pourtant majoritaires au conseil d’administration et habilités à désigner le président», précise-t-il, tout en soulignant que les opérateurs, hôteliers notamment, jugent le montant de la cotisation, soit 5 000 DH par an, trop élevé.

«Pour les propositions ou la participation à l’élaboration du programme d’action, ils ont surtout brillé par leur absence», poursuit M. Chraïbi qui ajoute avoir proposé en vain un projet de convention à la FNIH pour définir les base d’une collaboration.

La plateforme d’échange mise à la disposition des hôteliers a connu le même sort. Il s’agit d’un outil qui leur permet de connaître la tendance du marché pratiquement en temps réel. L’hôtelier peut en effet avoir à tout moment de la journée la moyenne des prix et le taux d’occupation moyen de sa ville et au niveau national.

«Nous leur avons demandé de tester ce système durant trois mois et de l’utiliser gratuitement durant un an, mais, là encore, aucune réactivité», précise M. Chraïbi qui se félicite, au passage, de la qualité du travail accompli : une dizaine d’études réalisées durant ces trois années avec les ressources humaines et financières du ministère du tourisme qui a dépensé en moyenne 5 à 6 MDH par an .