L’objectif de ramener le déficit budgétaire à  4,9% du PIB ne sera probablement pas atteint

Le ministre des finances ramène à  3,5% le taux de croissance pour 2014, mais n’annonce aucune conséquence sur le niveau du déficit. Les finances publiques sont en amélioration à  fin juin.

Après la polémique, tout à fait inutile, que certains ont cru devoir soulever à propos de la prévision de croissance pour 2014, voici que le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid, à mi-chemin de l’exercice en cours, rabaisse de 0,7 point le taux d’augmentation du PIB prévu en 2014. De 4,2% dans la Loi de finances, la croissance cette année serait donc de 3,5% pour le gouvernement.
Il y a encore quelques jours, le Haut commissariat au plan (HCP), dans le cadre de son Budget économique exploratoire 2015, maintenait à 2,5% la prévision de croissance qu’il avait annoncée au début de l’année. Et à ce stade de l’exécution de la Loi de finances, ce 2,5% n’est plus une prévision mais une estimation. Ainsi, 1 point sépare les deux estimations, soit près de 9 milliards de DH. M. Boussaid n’explique pas d’où proviendrait ce point supplémentaire par rapport à la prévision puis l’estimation du HCP ; sachant que la valeur ajoutée agricole, cette année, est en baisse, effet de base oblige.
Pour de nombreux analystes, en tout cas, il sera très difficile d’atteindre 3% de croissance cette année, ce qui pourrait compromettre l’objectif du gouvernement de réduire le déficit à 4,9% du PIB. Certes, les recettes fiscales sur les six premiers mois de l’année ont augmenté de 4,8%, ce qui est plutôt inattendu pour l’Exécutif qui ne tablait pas sur une évolution aussi intéressante. Celle-ci est surtout le fait de l’impôt sur les sociétés qui a progressé de 7,8% et de la taxe intérieure de consommation (TIC), en hausse de 12,2%. La recette de la TVA, par contre, a baissé (-1,1%), tirée vers le bas par la TVA à l’intérieur, en recul de 8,8%, tandis que celle à l’importation a augmenté de 4,1%. Quant aux recettes non fiscales, elles ont carrément baissé (-7%).

La baisse des charges de compensation améliore légèrement les finances publiques

Mais cette évolution mitigée des recettes est quelque peu contrebalancée par une baisse des dépenses ordinaires sous l’effet principalement du recul des charges de compensation (-11%), même si les dépenses d’investissement, elles, se sont inscrites en hausse de 15,5%. Moyennant cela, le déficit budgétaire s’est amélioré puisqu’il s’établit à 29 milliards de DH sur le premier semestre contre près de 33 milliards à la même période de 2013.
Mais dans la mesure où le PIB de 2014 risque fort de ne pas être celui que l’on a prévu qu’il soit, le déficit de 4,9% ne sera très probablement pas réalisé. On notera d’ailleurs que cet objectif est maintenu alors même que le taux de croissance, lui, a été modifié…!