Liquidités : 11 milliards de DH de plus pour les banques

Le taux de la réserve monétaire passe de 15 à  12% à  compter du 1er janvier
Le taux directeur est en revanche maintenu à  3,5%
La pression à  la hausse sur le loyer de l’argent va s’atténuer.

Elles le demandaient depuis des mois, les banques sont soulagées. Lors de sa réunion trimestrielle tenue le 23 décembre courant, le conseil de Bank Al Maghrib a décidé de baisser le taux de la réserve monétaire de 3 points, à 12%. Cette décision est applicable à compter du 1er janvier 2009. En revanche, le taux directeur est maintenu à son niveau actuel, soit 3,50%. Mais le conseil indique qu’il suit de près l’impact de la baisse des prix à l’importation sur les prix intérieurs et les pressions sur le marché du travail.
Pour l’instant, les banques se félicitent de cette bouffée d’oxygène, tant elles souffrent de l’amenuisement de leurs capacités d’intervention (voir La Vie éco du 28 novembre et du 10 octobre). Depuis plusieurs mois, les crédits ont en effet augmenté beaucoup plus rapidement que les dépôts, même si, en novembre, la tendance s’est légèrement inversée. Ce qui ne peut se poursuivre à long terme, sauf si l’on s’emploie à renforcer les fonds propres ou quasi-fonds propres de manière substantielle comme l’ont fait certains établissements, soit par augmentation de capital, soit par opération d’émission de dette subordonnée…

Encore un potentiel de dépôts à collecter
La nouvelle décision permettra en définitive au secteur de récupérer à peu près 11 milliards de DH pour mieux répondre à la demande. En réalité, le montant déposé auprès de l’institut d’émission est significatif. Du 21 novembre au 18 décembre, la moyenne quotidienne se montait à 56,5 milliards de DH. Cette manne immobilisée n’est rémunérée qu’à 0,75%/an et, à l’instar du taux directeur, sert notamment à réguler la distribution du crédit et, au-delà, à juguler les risques inflationnistes. Selon un banquier, les ressources supplémentaires mobilisables dès début janvier permettront d’«atténuer momentanément la pression à la hausse sur les taux et de faciliter l’accès au guichet aux petites entreprises qui sont les premières victimes d’un resserrement du crédit». Même s’il souligne que le taux de la réserve monétaire est trop élevé si on le compare à celui de plusieurs pays (2% dans la zone euro et 7,5% en Tunisie), ce même banquier estime que les banques ne pourront pas s’exonérer d’efforts supplémentaires pour mobiliser l’épargne. A son avis, «il y a encore un potentiel qu’il faut aller chercher».