L’investissement immobilier au ralenti faute d’autorisations de construire

L’Agence urbaine reste stricte sur les aspects techniques et réglementaires.
Les délais de délivrance des autorisations se seraient allongés de
1 à 2 mois.

Les promoteurs immobiliers casablancais attendent avec impatience la mise en place du guichet unique promis par le maire, espérant que ce dernier mettra fin à leur cauchemar par rapport à l’obtention des autorisations de construire. Leur bête noire est aujourd’hui l’Agence urbaine jugée très tatillonne sur les aspects techniques de la construction.
Ainsi, même si la période antérieure est loin d’être parfaite en raison des irrégularités fréquentes enregistrées à l’époque, beaucoup de promoteurs immobiliers se disent très pénalisés actuellement et déplorent un recul de l’activité de la promotion immobilière durant ce premier semestre 2004. A l’heure où nous mettions sous presse, les responsables de l’Agence urbaine n’avaient pas donné suite à nos diverses sollicitations. Toujours est-il que l’inquiétude des promoteurs est partagée par certains patrons d’organismes financiers spécialisés qui constatent également une évolution peu favorable de leur chiffre d’affaires. Reste à savoir si cette situation relève d’une difficulté de commercialisation du stock ou d’un déficit de production. Un opérateur s’accroche solidement à la deuxième hypothèse. «Je suis presque au chômage alors que je construisais en moyenne entre 4 000 et 5 000 m2 par an», déplore-t-il.
Les promoteurs immobiliers veulent siéger dans les commissions d’étude des dossiers
Toute la profession n’est pas aussi pessimiste. Des opérateurs considèrent effectivement que le délai pour l’obtention des autorisations de construire a été allongé, mais seulement de 1 à 2 mois pour atteindre 3 à 6 mois et ce «pour les projets sans complexité et n’exigeant aucune dérogation», précisent-ils. Concernant la période qui a coïncidé avec les débuts de Fouzia Imansar à la tête de l’Agence urbaine de Casablanca et avec la nouvelle organisation de la ville, certains considèrent même qu’il y a un léger assouplissement dans l’instruction des dossiers.
Néanmoins, ils exigent tous un peu moins de zèle de la part de Mme le gouverneur qui s’attelle à respecter rigoureusement les textes juridiques. «Même la procédure du “reproposé” a été éliminée. Cette dernière permettait à un dossier d’être rediscuté en commission après des modifications minimes, sans qu’il repasse de nouveau par tout le circuit administratif. Ceci augmentera sans aucun doute les délais d’autorisation de deux mois au minimum», explique un promoteur qui juge l’analyse des dossiers très restrictives et uniquement axée sur les aspects techniques, au détriment des données économiques de la construction.

La mairie dégage toute responsabilité
Pour se donner un peu d’oxygène, «nous demandons à participer aux commissions d’étude des projets afin de pouvoir les défendre au moins du point de vue de leur rentabilité», clame un promoteur qui juge que la seule présence de son architecte est insuffisante.
De manière générale, cette profession espère une vision plus prospective de la ville qui ne se limite pas au respect de la réglementation en vigueur mais qui prenne en compte les différents aspects du développement de la cité.
Par ailleurs, pour beaucoup, les anciens en particulier, la nouvelle organisation de la ville est déroutante. Ils n’ont plus aucune idée sur les prérogatives des préfectures, des arrondissements ou de la mairie, ce qu’on peut effectivement comprendre. En effet, ces différentes institutions se cherchent toujours. En principe, l’Agence urbaine ne devrait pas gérer les autorisations de construire puisqu’elle n’est appelée à donner qu’un avis technique. Mais, selon les professionnels, celle-ci mène la danse en matière de construction, à Casablanca. Toutefois, si le projet de texte de loi sur l’urbanisme est adopté tel qu’il se présente, les agences urbaines se verront conforter dans un rôle majeur au niveau de la délivrance des autorisations de construire. Le problème restera donc entier.
En attendant, la commune de Casablanca, qui est aussi partie prenante dans les problèmes des promoteurs de la ville, s’installe et se structure. On y indique que les dossiers ne restent pas au niveau de cette entité plus de 48 heures. «La lenteur dans la délivrance des autorisations de construire ne relève pas des services de la commune», précise un responsable proche du dossier qui ajoute, pour calmer le jeu, que l’installation du guichet unique de l’habitat est en cours d’étude et que ce dernier devrait être rapidement opérationnel

L’Agence urbaine ne donne qu’un avis technique mais, à Casablanca, selon les professionnels, elle joue un rôle majeur en matière d’autorisations de construire.