Licences, zones de pêche…, l’Etat veut en finir avec les problèmes récurrents

Une étude destinée à  faire un état des lieux et à  définir une stratégie vient d’être lancée par le cabinet Monitor Un nouveau plan pélagique permettra de mieux exploiter la zone «C».

Le ministère de la pêche est décidé à en finir une fois pour toutes avec les problèmes récurrents que connaît le secteur. En ligne de mire, une mauvaise gestion de la ressource avec, d’un côté, des licences de pêche mal exploitées par une flotte vétuste, et de l’autre, des conserveurs qui manquent de matière première. Entre les deux, les éternels problèmes d’exploitation des zones de pêche et les réclamations souvent antagonistes des différentes corporations : pêches artisanale, côtière et hauturière.

C’est donc une étude globale sur le secteur, la première du genre, qui a été lancée il y a moins d’une semaine. D’après le cahier des charges, elle doit être réalisée en cinq mois par le cabinet américain Monitor – associé à un bureau d’études marocain – qui avait remporté l’appel d’offres lancé en avril dernier.

Pour un coût de 10 MDH, cette étude consiste à faire un diagnostic du secteur (points forts et points faibles du secteur, y compris la performance du ministère de tutelle lui-même), à définir une stratégie et, bien entendu, arrêter les moyens les plus efficaces de sa mise en œuvre.

Le pôle halieutique d’Agadir commercialisé dès fin 2009
Les conclusions vont servir également à régler les problèmes laissés en suspens par les gouvernements successifs qui, assaillis par les urgences sur le terrain, n’ont pu se doter des outils d’aide à la décision nécessaires à la mise en place d’une stratégie à long terme.

Pour autant, selon Mohamed Termidi, secrétaire général du ministère, on ne peut pas dire qu’auparavant on naviguait à vue. «Nous avons toujours eu des outils de travail, explique-t-il, mais il s’agit aujourd’hui d’harmoniser ce qui était un peu éclaté et de mettre le tout en perspective. Il faut aussi reconnaître que les chantiers que nous avons ouverts étaient pratiquement tous dans les tiroirs.»

Les dossiers sur lesquels planche le ministère sont la question des licences, les problèmes du secteur de la conserve dans tous ses compartiments, la mise à niveau entre le nord du pays et le sud, un peu à la traîne par rapport aux méthodes de pêche et à l’équipement des professionnels…

Outre les grands dossiers comme la mise à niveau et la modernisation du secteur (voir encadré ci-dessous), Abdallah Janati, directeur des infrastructures au ministère de la pêche maritime, annonce «des événements de taille».

Il cite d’abord le pôle halieutique d’Agadir, pour lequel un terrain de 150 ha a été définitivement identifié. Les travaux prévus pour une année devront commencer et se terminer en 2009. La commercialisation de l’espace interviendra tout de suite après. La visite des inspecteurs vétérinaires de l’UE est également programmée en janvier 2009. «Il faut savoir qu’ils viennent tous les quatre ans pour contrôler notre système dont ils reconnaissent par ailleurs l’équivalence aux leurs», ajoute M. Janati.

Trois chantiers ouverts à la fois
Pour le reste, le dossier le plus urgent est l’exploitation de la zone «C» (entre Boujdour et Lagouira), qui recèle un potentiel de pêche en pélagiques (sardines, anchois, sardinelles, notamment) équivalant à la production nationale actuelle, soit près d’un million de tonnes toutes pêches confondues.

Pour le moment, il n’est exploité qu’à hauteur de 20 à 30 % par les bateaux de pêche européens autorisés dans le cadre de l’accord de pêche, par une vingtaine d’unités marocaines auxquelles s’ajoute une petite flotte de professionnels de la conserve de Dakhla et Laâyoune.

Les pistes explorées sont l’octroi de licences avec cahiers des charges à des bateaux qui s’engageraient à approvisionner les usines de conserves nationales, celles-ci se plaignant de ne tourner qu’à 50 % de leurs capacités. Même si les choses ne sont pas encore finalisées sur ce point, une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) devrait déjà permettre aux professionnels intéressés de savoir quels genres de bateaux – et quels équipements – pourraient être les plus performants dans cette nouvelle zone.

In fine, trois chantiers ont été ouverts par le département de la pêche maritime. Le premier concerne le règlement d’un vieux contentieux entre les opérateurs de la pêche côtière et les conserveurs, les seconds réclamant des licences pour faire tourner leurs machines et les premiers redoutant qu’une telle mesure ne diminue considérablement leurs prises.

Le deuxième volet de la réflexion du ministère est la mise en place d’un nouveau système de gouvernance qui respecte les impératifs environnementaux, le repos biologique et les contraintes d’exploitation. Cela passe, bien sûr, par une mise à niveau et une modernisation de flottes vieillissantes ou non adaptées, d’où le plan qui vient d’être lancé. Dernier élément : les licences.

Le ministère ne veut plus en donner que pour la «zone C», sur la base de cahiers des charges et dans le cadre du plan d’aménagement pélagique.