L’Etat augmente de 21% les prix aux producteurs de canne à  sucre et de betterave

Une subvention supplémentaire de 80 DH la tonne pour la betterave et 50 DH pour la canne a été accordée. L’augmentation est étalée sur les campagnes 2011/2012 et 2012/2013. L’objectif est de porter la superficie cultivée à  70 000 ha et la part de l’approvisionnement en matières premières locales à  60% d’ici à  2016.

L’Etat va remettre la main à la poche pour soutenir le prix du sucre. C’est ainsi que le dernier conflit entre la Cosumar et les producteurs de betterave sucrière et de canne à sucre a été désamorcé, comme on le sait, à travers l’accord signé en octobre dernier. Aujourd’hui, on en sait un peu plus sur les détails de cette augmentation : les prix aux producteurs vont augmenter d’environ 20%, répartis sur deux fois.
Ainsi, pour la campagne 2011/2012, le prix de la betterave payé par Cosumar aux producteurs passera de 365 DH à 410 DH la tonne, soit une hausse de 45 DH ou 12,3%. Le reste, 35 DH, sera répercuté lors de la campagne suivante, soit 80 DH au total ou +22%. Quant aux producteurs de canne, ils ont droit à une augmentation de 50 DH (+21,3%), répartis à parts égales sur les deux campagnes. Dans un premier temps, les prix seront ainsi fixés à 260 DH au lieu de 235 DH en 2010/2011, avant d’être portés à 285 DH en 2012/2013.
Tout le monde s’accorde sur le fait que cette amélioration des prix se justifie largement par le renchérissement des intrants, sachant que la précédente hausse datait de 2006. Les difficultés des agriculteurs étaient en plus aggravées par une baisse de la production de 6% lors de la dernière campagne en raison des conditions climatiques qui ont sévi en mai dernier, mais également des pertes liées aux maladies foliaires. Ils avaient alors récolté 2,95 millions de tonnes de betteraves et 700 000 tonnes de canne à sucre sur une superficie totale de 47 000 ha, dont 16 500 pour la canne.
A présent, l’objectif est de porter la superficie des cultures sucrières à 70 000 ha, dont 20 000 ha pour la canne à sucre, et la part de l’approvisionnement en matières premières locales à 60% d’ici 2016 au lieu de 40% actuellement, et ce, grâce à l’amélioration de la productivité par le suivi d’un itinéraire technique approprié et la lutte contre les maladie.  

La semence en monogerme est utilisée dans 82% des superficies réservées à la betterave

La Cosumar, qui se voit retirer une belle épine du pied avec l’intervention de l’Etat, estime pouvoir relancer et la production et la productivité, pas seulement à travers la récente augmentation des prix mais aussi par d’autres mesures en partie déjà enclenchées. Elle comprend que sa survie dépend de cette initiative. Ainsi et malgré quelques résistances, la généralisation de la semence monogerme de betterave a atteint 82% de l’ensemble des superficies réservées à cette culture. «Ce qui est une prouesse», explique Khalid Benchekroun, conseiller du président de Cosumar, «car le point de départ était de 4%, il y a quelques années», ajoute-t-il.
Mieux, les producteurs ont commencé à récolter les fruits de la modernisation de leurs méthodes de travail car le rendement de la betterave sucrière est passé de 43 tonnes à l’hectare à 63 tonnes. Autre illustration de l’impact de ces choix, la teneur en sucre à l’hectare est passée de 7 à 9 tonnes (elle est de 15 tonnes en Europe) pour chaque hectare. En 2016, l’ambition est de porter la production de sucre à 12 tonnes par hectare. Et, au final, cela se traduirait par une amélioration notable du revenu des agriculteurs qui ont choisi et qui maintiennent cette culture.

La densité par hectare passera de 75 000 à 100 000 pieds de betterave

Les autres axes des aides de Cosumar se situent aussi bien au niveau du financement de la mécanisation (achat de tracteurs, semoirs, herses, machines de récolte, traitements phytosanitaires…) que dans le préfinancement des campagnes. Le groupe est allé plus loin en favorisant la création de PME prestataires de services dans certaines régions. Il s’agit de sociétés pouvant louer du matériel à différents niveaux du traitement des sols ou de la récolte. L’autre chantier concerne l’augmentation de la densité par hectare qui devrait être poussée à 100 000 pieds de betterave par hectare d’ici à 2016 contre 75 000 pieds actuellement.
De fait, Cosumar est contraint de veiller à la pérennisation et à la fidélisation des producteurs pour avoir de la visibilité, de sorte à pouvoir dimensionner ses unités en fonction des potentialités de chaque région.