L’Etat a validé les diplômes de 350 pharmaciens formés dans les pays de l’Est

En 2007, ils avaient refusé de passer les tests imposés par le ministère de l’enseignement supérieur.
Leurs diplômes ont été validés après un stage de 6 mois en pharmacie.
Une sélection des universités étrangères est jugée utile pour éviter les formations au rabais.

Les 350 pharmaciens diplômés des pays de l’Est, qui avaient refusé, en 2007, de passer le test pour l’obtention de leur équivalence, ont finalement eu gain de cause. Pour débloquer la situation, le ministère de l’enseignement supérieur leur a accordé une dérogation. Contrairement à ce qui est prévu par la loi de 2002 relative à l’équivalence des diplômes étrangers, ces lauréats ont la possibilité d’obtenir la validation de leur diplôme après un stage de 6 mois en officine. Plusieurs d’entre eux ont franchi ce cap et se sont déjà installés. Les dernières demandes d’installation sont en cours de traitement au secrétariat général du gouvernement (SGG) qui compte boucler ce dossier avant août prochain car, passée cette date, l’autorisation d’ouverture des officines sera, conformément aux dispositions du code de la pharmacie, du ressort des autorités locales.
Une issue a donc été trouvée mais le problème qui, il y a deux ans, avait suscité un grand mouvement de contestation de la part des personnes qui se disaient lésées, demeure entier pour les étudiants encore en formation dans les pays de l’Est. En toute logique, ils se verront appliquer à leur retour au Maroc la loi de 2002 sur l’équivalence des diplômes étrangers. Ce texte prévoit que l’équivalence des diplômes est obtenue suite à l’examen d’une demande déposée par le candidat au ministère de l’enseignement supérieur par la commission sectorielle de l’équivalence. Cette commission composée de professeurs et d’experts peut accorder automatiquement l’équivalence ou exiger un entretien avec le candidat pour un complément d’informations, une formation complémentaire ou un test d’évaluation des connaissances du diplômé. Et c’est l’obligation de passer ce test qui avait été rejetée par les 350 pharmaciens en 2007. Et cela risque de se reproduire avec les étudiants en formation. Pour les pouvoirs publics, le test s’impose avant l’exercice de la profession et il existe dans tous les pays qui respectent leur souveraineté scientifique. Ils précisent qu’il ne s’agit pas d’un concours mais d’une évaluation des connaissances permettant de lutter contre la falsification des diplômes.

Deux ans de formation au lieu de six
De plus, les pouvoirs publics estiment qu’en matière de santé, la vigilance doit être de mise. De ce fait, le principe du test est perçu comme un moyen de protéger les patients et d’éviter une anarchie dans le secteur. On retiendra que 23 pharmaciens ont été traduits en justice pour avoir présenté de faux diplômes qui sont le plus souvent achetés auprès de certaines universités des pays de l’Est notamment en Russie, Pologne, Roumanie et Ukraine. Même un pays comme la France commence à souffrir du problème, en particulier pour les étudiants en médecine.
Les diplômes obtenus dans ces pays sont contestés par la profession qui considère  que la formation n’est pas adaptée aux normes internationales des études en pharmacologie. Le cursus dans les facultés privées très répandues dans ces pays s’étale généralement sur deux années seulement alors que la formation exigée est d’une durée de six ans. Plusieurs observateurs estiment que  les pouvoirs publics doivent procéder, pour remédier à cette situation, à une sélection des universités étrangères afin de permettre aux étudiants marocains -ceux qui refusent la facilité- de choisir les plus performantes et les plus crédibles. Un projet a été élaboré dans ce sens, il y a quelques années, afin de cerner le réseau de la falsification et de l’achat des diplômes, mais n’a pu voir le jour, selon des sources proches du dossier, faute de financement.