L’ESITH se met à l’industrie 4.0

L’école veut intégrer l’informatique et la communication dans les processus physiques d’automatisation et de robotisation. Elle aide les grandes entreprises à préparer les méthodes de production de demain. Un nouveau logo et un livre pour commémorer ses 20 ans d’existence est édité.

L’Ecole supérieure d’industrie textile et habillement (ESITH) déploie une nouvelle stratégie disruptive pour accompagner le développement des entreprises marocaines. Faisant de l’innovation son credo, l’école semi-publique – qui bénéficie d’une subvention étatique à hauteur de 30% de son budget de fonctionnement – a décidé d’introduire l’intelligence artificielle, les objets connectés et la robotisation dans le cursus pédagogique et les modules de formation.

Ceci est une première pierre à l’élaboration d’une stratégie globale nommée industrie 4.0. Celle-ci porte sur l’intégration de l’informatique et de la communication dans les processus physiques d’automatisation, de robotisation, de capteurs intégrés et de réseaux connectés. L’introduction de la robotisation dans le cursus de formation est déjà faite. «Nous avons acquis en 2017 un robot de fabrication allemande muni d’une imprimante 3D. Ce robot est nécessaire à la formation initiale d’ingénieur IMS (informatique management systems) opérationnelle depuis 2016. L’entreprise de demain aura besoin de robots. Il est donc vital d’apprendre aux étudiants à les utiliser et exploiter leurs capacités», déclare Mohamed Lahlou, président du directoire de l’Esith qui veut aussi initier l’entreprise marocaine à l’industrie 4.0.
L’école a réfléchi à une offre «objectif industry 4.0» destinée aux grandes entreprises. Au préalable, un diagnostic permettra de définir leurs besoins.

Une vision réalisable dans cinq ans

Ensuite, un plan d’action adapté pour les formations initiale et continue dans l’industrie 4.0 sera proposé. Une durée de cinq ans est nécessaire pour concrétiser réellement cette offre sur le marché. Dans le même temps, l’école tentera de préparer les PME à l’application des concepts de l’industrie 4.0. Et ce, par le biais d’un accompagnement en lean manufacturing (ou management).
Mais au-delà de cette vision avant-gardiste, l’ESITH continue d’accompagner les TPM et PME pour pallier leur manque de structuration. «A titre d’exemple, avec Maroc PME, l’ESITH a développé des contrats progrès destinés à faire progresser la productivité des entreprises, de la maintenance des équipements et de la baisse des coûts. Nous avons déjà réalisé une quarantaine de contrats programmes depuis 4 ans grâce à une vingtaine d’experts (professeurs à l’ESITH). Mais l’objectif est de doubler ce chiffre pour atteindre 20 contrats de progrès par an», explique M. Lahlou. Ces contrats progrès sont financés à hauteur de 80% par Maroc PME. L’entreprise ne supporte que 20%.

L’ESITH se positionne aussi sur la formation continue qui lui permet de former jusqu’à 10 000 personnes par an. «Nous avons également géré les CFA (centres de formation par apprentissage) internes des entreprises à travers tout le Maroc, et installé 52 centres de formation dans les entreprises de textile et une dizaine dans l’automobile. L’objectif est d’atteindre à moyen terme 100 CFA dans le textile et habillement», explique le président du directoire de l’ESITH.

Aujourd’hui, un nouveau cap est amorcé. L’école s’ouvre sur l’international. Elle prépare des formations exclusivement dispensées en anglais. «Nous projetons également d’accélérer les partenariats avec les écoles étrangères francophones et anglophones et ainsi permettre aux étudiants d’effectuer un semestre d’échange à l’étranger ainsi que leur PFE dans des laboratoires internationaux», précise M. Lahlou.

Ouverture sur l’international

Pour accompagner cet élan d’innovation, l’ESITH change d’identité visuelle.

Après de bons et de loyaux services, son logo de vingt ans laissera place à un nouveau plus épuré qui gardera les couleurs bleu et vert. Dans le nom ESITH, le I qui renvoie à international et innovation est stylisé et habillé de la toge du savoir. La base line «constructeur de compétences» reste pour accentuer la mission première de l’école. Enfin, pour commémorer ses 20 ans, l’école publie un livre, «A nos vingt ans», qui présente son histoire, ses réalisations et sa vision stratégique. De nombreux acteurs de l’économie marocaine y apportent leur témoignage.