Les voyagistes destituent leur président

Les membres de la FNAVM accusent le président de mauvaise gestion et d’individualisme.
Ils ont tenu une assemblée et élu un nouveau président à  la place de Fouzi Zemrani.
L’intéressé conteste la légalité de l’élection du nouveau président et saisit le tribunal de Casablanca.

Une fois de plus, les voyagistes sont encore en train de se donner en spectacle. Le dernier acte porte sur la guéguerre qui a suivi la destitution de Fouzi  Zemrani et son remplacement à la présidence de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM) par Lahbib El Eulj.
Depuis les années quatre-vingt-dix, aucun président de cette fédération n’a pu travailler sans être contesté par ses pairs. Dans une profession censée jouer un rôle primordial dans le développement du tourisme national, ces pratiques sont plutôt malvenues, surtout dans un contexte de crise économique. En tout cas, c’est ce que pensent beaucoup de professionnels qui ne veulent pas se mêler de cette polémique.
Que reproche-t-on exactement au président déchu, dont les méthodes de travail sont contestées par certaines associations régionales et non des moindres ? Selon l’un de ses adversaires, le président destitué, en plus d’avoir failli à ses engagements, gérait la fédération comme une affaire familiale en prenant des décisions unilatérales.

Fouzi Zemrani rejette toutes les accusations
Et ce n’est pas tout. Rien n’a été fait, nous dit-on, sur le chapitre de la réforme des statuts de la fédération. Rien non plus au niveau de la formation, du créneau du tourisme réceptif, de la fiscalité…
Faux !, répond M. Zemrani. «Des commissions ont été constituées pour travailler sur ces chantiers, mais elles n’intéressent personne». A l’en croire, le vrai mal qui mine la profession d’agent de voyages c’est l’opération Haj. Alors que le pèlerinage fait l’affaire des rentiers, il est en train de leur échapper avec la fin du quota attribué par le ministère de tutelle et  la libéralisation de cette opération, explique-t-il en substance.
Et justement, de nombreux voyagistes accusent M. Zemrani, chargé en tant que président de la FNAVM, de négocier et d’acheter les prestations pour «le produit social» pour  toutes les agences (soit pour plus de 2 000 pèlerins) auprès de prestataires saoudiens, d’avoir mal mené cette opération et, plus grave, d’en avoir profité pour dégager une plus-value à son profit. «Qu’ils apportent des preuves», proteste l’intéressé, qui affirme n’avoir rien à se reprocher sur ce plan. Toujours est-il que depuis le 10 janvier, la FNAVM est dans une situation qui n’est pas enviable. Le président destitué a fermé les locaux, bloqué le compte en banque et garde le contrôle du site Internet. De l’autre côté, le nouveau bureau a investi les locaux en présence d’un huissier de justice. Le bras de fer n’est pas près de s’achever.
M. Zemrani affirme avoir saisi le tribunal de 1ère instance de Casablanca pour invalider l’élection du nouveau président. Affaire à suivre…